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title: "Fondation Agalma — Entretien avec Éric Laurent"
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category: "Explorations"
subcategory: "Explorations"
date: "2026-06-19"
updated: "2026-06-19"
description: "Lecture détaillée de l’entretien Fondation Agalma avec Éric Laurent, François Ansermet et Pierre Magistretti : inconscient cognitif, inconscient freudien, fonction disjointe, langue, cerveau, double parasitisme, ce qui “vient d’ailleurs” et au-delà de la trace."
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  - "Éric Laurent"
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  - "Neurosciences et psychanalyse"
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  - "Ce qui vient d’ailleurs"
  - "A-dimension"
  - "Double parasitisme"
  - "Mémorisation freudienne"
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# Fondation Agalma — Entretien avec Éric Laurent

## Fonction disjointe, inconscient, langue, cerveau, discontinuité et « au-delà de la trace »

> **Vidéo — référence primaire**  
> [Fondation Agalma — Entretien avec Éric Laurent](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?is=CT2FQZ61sGpdsjmV)  
> Entretien avec **Éric Laurent**, reçu par **Pierre Magistretti** et **François Ansermet**, autour de l’inconscient, de la langue, de la fonction disjointe, de la plasticité cérébrale, de la trace, de la discontinuité et du rapport entre neurosciences et psychanalyse.

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### En trois lignes

Cet entretien met à l’épreuve une hypothèse : l’inconscient freudien pourrait-il correspondre à un autre mode de fonctionnement du cerveau, non séquentiel, non binaire, synchronique ? Éric Laurent accepte la discussion, mais déplace le cadre : l’inconscient n’est pas une production cérébrale localisable ; il procède d’une discontinuité où la langue, extérieure au cerveau individuel, parasite le vivant. L’enjeu de la vidéo est donc de passer de la trace comme empreinte à la lettre comme écriture, puis au trou comme point clinique de ce qui ne fait pas récit.

### Pourquoi cette vidéo compte

La vidéo est précieuse parce qu’elle ne propose ni une fusion commode entre psychanalyse et neurosciences, ni une séparation défensive entre deux disciplines. Elle donne à voir une scène de recherche : Magistretti pousse la question neuroscientifique jusqu’au point où le cerveau devrait rendre compte d’une vie psychique non réductible à la cognition ; Ansermet maintient la zone de passage par la plasticité, la perte d’information et la discontinuité ; Laurent répond depuis Lacan en rappelant que la langue, la lettre, l’écriture et le symptôme ne se laissent pas convertir sans reste en circuits neuronaux.

Ce qui se joue n’est donc pas seulement une discussion sur le cerveau. C’est une question de niveau : à quel niveau peut-on parler de l’inconscient sans le réduire, et comment penser ensemble le vivant, la langue, le sujet, la trace et ce qui fait trou ?


### Ce que la vidéo pose / ce que Laurent refuse / ce que l’entretien ouvre

<div class="triple-entry" style="display:grid;grid-template-columns:repeat(auto-fit,minmax(240px,1fr));gap:1rem;margin:1.5rem 0;">
  <section style="border:1px solid rgba(255,255,255,.16);border-radius:14px;padding:1rem;background:rgba(255,255,255,.04);">
    <h4>Ce que la vidéo pose</h4>
    <p>L’entretien demande si l’inconscient freudien peut être approché par un autre mode de fonctionnement du cerveau : non linéaire, non binaire, synchronique, voire a-dimensionnel.</p>
  </section>
  <section style="border:1px solid rgba(255,255,255,.16);border-radius:14px;padding:1rem;background:rgba(255,255,255,.04);">
    <h4>Ce que Laurent refuse</h4>
    <p>Laurent refuse de réduire l’inconscient à une production cérébrale ou à un simple inconscient cognitif. L’inconscient freudien relève de la langue, du signifiant, de la lettre, du symptôme et du trou.</p>
  </section>
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    <h4>Ce que l’entretien ouvre</h4>
    <p>La discussion ouvre une ligne de crête : un vivant cérébralement organisé rencontre une langue, une lettre, un nombre, un symptôme — quelque chose qui le touche sans se réduire à lui.</p>
  </section>
</div>

### Navigation rapide

- [Transcription](#transcription-integrale)
- [Résumé exécutif](#resume-executif)
- [Distinctions : inconscient cognitif / freudien et deux modes du cerveau](#distinctions-inconscient)
- [Ce qui “vient d’ailleurs” et échappe au vivant](#ailleurs-vivant)
- [Auteurs, ouvrages et repères visuels](#auteurs-ouvrages)
- [Compte rendu Gemini intégré](#compte-rendu-gemini)
- [Analyse chronologique minutée](#analyse-chronologique)
- [Les thèses centrales](#theses-centrales)
- [Cartographie des positions](#cartographie-positions)
- [Glossaire raisonné](#glossaire)
- [Lecture T^ / MNL^ / MCPP^ / ∆](#lecture-t-mnl-mcpp)
- [Partie supplémentaire Theo : Q^ / H^ / MCPP^ / MNL^](#supplement-theo-qh-mcpp-mnl)
- [Références et ressources commentées](#references)

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### Note éditoriale

Cette page est construite à partir de trois matériaux :

1. la vidéo YouTube **Fondation Agalma — Entretien avec Éric Laurent** ;
2. une transcription de travail fournie sous forme de PDF ;
3. un compte rendu Gemini minuté, intégré ici comme matériau documentaire secondaire.

La transcription est brute : elle comporte des erreurs automatiques, des mots mal reconnus, des noms propres déformés et des chevauchements de parole. L’analyse ne la reproduit donc pas mécaniquement ; elle la stabilise, la corrige prudemment et la met en ordre, tout en conservant les minutages utiles.

Le compte rendu Gemini est conservé comme **matériau secondaire** : il aide à repérer les grandes séquences, mais il ne vaut pas transcription. Quand il condense ou interprète, la page le traite comme une reformulation, non comme une citation littérale.

Le titre principal retenu est celui de la vidéo : **Fondation Agalma — Entretien avec Éric Laurent**. L’expression **« au-delà de la trace »** n’est pas utilisée comme titre public principal ; elle devient l’axe conceptuel interne de la page, car l’entretien lui-même déplace progressivement la discussion depuis la trace mnésique vers l’écriture, la lettre, le nœud, la discontinuité et le trou dans le récit.


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<a id="transcription-integrale"></a>

## Transcription

> Transcription automatique de travail : vérifier contre la vidéo avant toute citation précise.  
> [Télécharger la transcription PDF](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/transcription_entretien_eric_laurent.pdf)

<details>
<summary><strong>Repères temporels cliquables</strong></summary>

- [00:00:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=5) — Ouverture : dialogue ancien avec Éric Laurent, neurosciences, Lost in Cognition
- [00:01:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=96) — Hypothèse des deux modes de fonctionnement du cerveau
- [00:05:30](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=330) — Réserves de Laurent sur l’inconscient comme production du cerveau
- [00:06:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=399) — Extériorité de la langue par rapport au cerveau individuel
- [00:10:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=642) — Perte d’information et critique du mapping sans reste
- [00:14:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=883) — Mémoire du vivant et mémorisation freudienne
- [00:18:47](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1127) — Double parasitisme : vivant ↔ langue
- [00:22:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1365) — L’inconscient procède de la discontinuité
- [00:25:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1558) — Fonction disjointe et critique de l’émergence simple
- [00:30:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1827) — Problème de l’a-dimensionnel
- [00:32:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1977) — Parole, écrit, lettre et nombre
- [00:36:50](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2210) — Ce qui échappe au vivant, au cerveau ou à la physique ; formule de l’“ailleurs”
- [00:38:47](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2327) — Biologie de la discontinuité et ligne de crête
- [00:41:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2486) — Instance de la lettre, écriture et nœud
- [00:42:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2546) — Programme vers un au-delà de la trace
- [00:44:09](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2649) — Réassociation des traces et limite du mapping
- [00:46:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2816) — Objets mathématiques, vivant fini et discontinuité
- [00:50:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3055) — Psychanalyse : faire le récit de ce qui ne fait pas récit
- [00:53:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3183) — Conclusion : moment de recherche, propriétés/états, nouveaux paradigmes

</details>

<details>
<summary><strong>Déplier la transcription intégrale</strong></summary>

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- [00:00:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=5) donc il y a longtemps qu'on dialogue avec Eric Laurent qui est psychanalyste et qui est un psychanalyste qui s'intéresse
- [00:00:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=11) beaucoup à la question des neurosciences il a écrit lui-même un livre qui s'appelle lost in cognition et qui ce
- [00:00:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=18) livre discute l'inconscient comme fonction disjointe et ce terme de fonction dis soint a rebondi dans nos travaux entre Pierre
- [00:00:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=27) et moi c'estàdire de moi je le comprends.
- [00:00:30](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=30) très bien comme une discontinuité comme le fait que c'est un autre ordre atemporel non dimensionnel qui vient parasiter le
- [00:00:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=37) fonctionnement du cerveau et pour Pierre cette idée de disjoint était plus abstraite oui en fait pour moi l'idée effectivement
- [00:00:46](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=46) qu'il y a un fonctionnement du cerveau qui est non linéaire non binaire qui est disons particulier qui relève probablement
- [00:00:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=52) de ce qui a été décrit par la théorie freudienne est tout à fait claire pour moi la question est
- [00:00:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=57) de voir comment ce.
- [00:01:00](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=60) type de fonctionnement est produit par le cerveau quels sont les quel est la le mode de fonctionnement du cerveau
- [00:01:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=66) qui peut produire de la cognition mais également quelque chose qui est décrit comme l'inconscient
- [00:01:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=74) freudien pour l'entretien à GaLm aujourd'hui nous avons le plaisir de recevoir éric Laurent psychanalyste à Paris et pour cette
- [00:01:24](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=84) entretien nous allons partir à partir d'une question qui.
- [00:01:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=89) qui est peut-être très simple mais qui mérite je pense d'être creusé qui est celle de se dire est-ce qu'en
- [00:01:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=96) fait il existe deux modes de fonctionnement du cerveau un mode que l'on pourrait définir comme un mode séquentiel binaire
- [00:01:47](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=107) qui est de l'ORD de la cognition qui est l'objet d'étude des neurosciences contemporaines en grande partie et puis un
- [00:01:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=115) autre mode qui lui ne serait justement pas rég.
- [00:02:00](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=120) par ces processus binaires ou séquentiels mais plutôt qui se caractériserait par une absence de dimensionnalité de temps dans la
- [00:02:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=131) synchronie dans le l'instant peut-être aussi et qui serait plutôt de l'ordre de quelque chose qui serait non conscient l'inconscient
- [00:02:24](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=144) est-ce que l' inconscient freudien par exemple et qui pourrait en.
- [00:02:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=149) fait être approché aussi par des des outils et des et des concepts des neurosciences là donc dans une modalité
- [00:02:40](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=160) où la psychanalyse pourrait ouvrir aux neurosciences enseigner aux neurosciences indiquer une voix de recherche et évidemment comme psychanalyste évidemment
- [00:02:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=172) François va participer aussi à cette réflexion nous avons.
- [00:02:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=179) pensz que l'idée de discuter de jouer entre guillemets avec cette idée qu'il y aurait deux modes de fonctionnement du
- [00:03:08](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=188) cerveau comment la psychanalyse peut voir cette cette idée qu'en pensez-vous en

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- [00:03:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=198) à répondre comme ça du tacot tac pourquoi avant que françoiserm développe je v vous dire du tac au tac
- [00:03:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=209) au.
- [00:03:30](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=210) fond j'entends dans ce que vous dites que vous proposez une sorte de modélisation de l'inconscient qui pourrait retrouver ainsi
- [00:03:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=223) des formes telles que ça pourrait s'implanter ça pourrait s'implémenter dans le fonctionnement dans un certain mode de fonctionnement du
- [00:03:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=231) cerveau oui bon donc c'est au fond une sorte de non pas tellement une déformation si.
- [00:03:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=239) je puux dire du modèle standard des neurosciences mais plutôt une modélisation autre à côté qui rendrait compte de propriétés
- [00:04:10](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=250) de l'inconscient tel que disons il est un certain consensus si une chose comme ça peut exister sur ce qu'est
- [00:04:19](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=259) l'inconscient freudien alors d'abord je doit dire je suis ravi d'être là je suis à galma et en même temps
- [00:04:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=266) je suis un peu donc enfin pas si loin.
- [00:04:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=269) de l'pfel et de ces grands projets et de ces cerveaux bleus et de toutes ces choses merveilleuses dans lequel
- [00:04:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=277) en effet la mobilisation du fonctionnement du cerveau va grand train et on en espère beaucoup peut-être si vous permettez
- [00:04:46](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=286) bon modélisation on peut utiliser ce mot comme ça mais en fait l'idée serait plutôt de se dire il y
- [00:04:53](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=293) a quelque chose qui est une production du cerveau qui est assez conventtion.
- [00:04:49](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=289) i c'est peut-être pas le bon terme mais qui est l'objet d'étude actuelle des neurosciences contemporaines et la question de
- [00:05:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=306) de se dire est-ce qu'il y a pas une autre production du cerveau qui est qui a qui est étudié
- [00:05:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=311) qui a été caractérisé mise en évidence par la théorie freudienne et qui mériterait aussi d'être étudié
- [00:05:22](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=322) par les les neurosciences alors cette idée de l'inconscient production du cerveau hm hm.
- [00:05:30](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=330) là j'ai évidemment disons les plus grandes réserves tout à fait mais sont les réserves qui justement me me plaisent
- [00:05:38](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=338) bien parce que moi ce que j'aime beaucoup dans vos travaux vous-même et François encermet c'est qu'au fond en cherchant
- [00:05:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=345) quelque chose d'autre vous faites un certain nombre de critiques très informés vous lisez des auteurs vous connaissez des expérience
- [00:05:54](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=354) vous connaissez des façons de faire effectivement don je n'ai aucune idée et vous faites donc des crit.
- [00:05:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=359) très fondé disons au modèle standard
- [00:06:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=365) qui prétend pouvoir rendre compte des fonctionnements alors ce que j'aime beaucoup c'est l'aspect critique ce par contre sur quoi

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- [00:06:15](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=375) j'ai disons j'ai des réserves en tout cas ce qui me permet de discuter d'avoir une conversation là-dessus c'est cette
- [00:06:23](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=383) idée que c'est une production du cerveau si vous voulez c'est comme lorsque disons un certain nombre.
- [00:06:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=389) de neurolinguistes ont voulu enfin essayent de chercher comment la langue trouverait son inscription dans le cerveau or c'est un
- [00:06:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=399) grand problème probablement il y a très peu de choses du système de la langue qui est dans le cerveau
- [00:06:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=405) la langue elle est lgement à l'extérieur on peut d'exliquer que quand on voit des arbres on a uneimage de
- [00:06:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=411) l'arbre mais le problème c'est quand on voit un pychomore très souvent enfin moi par exemple qui.
- [00:06:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=419) très peu de connaissance de ce qui concerne la botanique je serais bien incapable de décrire un psychomore mais je
- [00:07:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=426) sais que dans la langue en dehors de moi il y a des tas de gens qui savent ce que
- [00:07:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=431) c'est qu'un suicomort et je les suppose savoir ce que c'est donc je lis et je un texte je ne
- [00:07:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=438) m'inquiète pas je poursuis et je continue donc il y a des objets du monde qui ne correspond absolument pas
- [00:07:24](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=444) à la langue et la langue existe en dehors de nous par une sorte d'acte de foi collec.
- [00:07:30](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=450) on est là et les propriétés de cet objet langue ne dépend que assez peu sans doute que des de
- [00:07:40](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=460) la structure qui est utilisée ou des zones qui sont utilisées dans le cerveau qui bien entendu il y en
- [00:07:46](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=466) a y a besoin d'un certain nombre de choses mais ça ne rend pas compte de cet objet alors j'ai
- [00:07:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=472) l'idée pour ma part que très largement l'objet inconscient est quelque chose qui est autant dans les.
- [00:07:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=479) air que la langue est dans les airs et que ça ne s'inscrit pas si facilement et même ça défie
- [00:08:07](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=487) d'une certaine façon l'inscription et donc ce que j'aime bien moi c'est quand je vous lis et que je vois
- [00:08:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=492) les tas de façons dont vous faites valoir que ça défie l'inscription et que il y a des tas de
- [00:08:17](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=497) voilà mais enfin Mo en quoi je l'ai pas laissé c'est bien c'est un pe une provocation pour lancer la
- [00:08:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=501) discussion entre peut-être il faut ralentir discussion en prenant une série de points parce que un des éléments.
- [00:08:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=509) qu'on a introduit aussi dans dans nos travaux sur la manière peut-être de conduire des recherches la distinction que
- [00:08:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=516) font les physicien d'après ce que nous avons compris entre ce qui est des propriétés et un état et au
- [00:08:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=523) fond la l'État n'est pas directement bien sûr il faut des propriétés pour que l'État soit

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- [00:08:53](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=533) n'est pas une une une manifestation des propriétés il y a.
- [00:08:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=539) il y a au fond entre une disharmonie enfin il y a une coupure entre ce qui est de l'ordre
- [00:09:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=544) des propriétés et de l'État et là il y a des choses très grands malentendu en neuroscience puisque en général
- [00:09:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=553) il y a un modèle analogique il y a un modèle réductionniste il y a un modèle de traduction qui
- [00:09:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=558) fait recouvrir sans reste des propriétés et des états ça c'est un point deuxième point qui est pour moi l'intérêt
- [00:09:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=567) d'avoir une discussion avec vous.
- [00:09:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=569) c'est ce concept que vous avez lancé dans votre livre lost in cognition publié chez Cécile defo qui sont l'idée
- [00:09:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=579) de l'inconscient comme fonction disjointe et moi ça m'est tout à fait parlant cette fonction disjointe pour Pierre c'est moins
- [00:09:49](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=589) clair et on s'est dit que le moment ici serait l'occasion de préciser alors faire juste un ou deux
- [00:09:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=597) repères pour situer les choses.
- [00:09:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=599) qui nous ont beaucoup occupé autour de cette idée de disjonction c'est dire effectivement on travaille toujours à considérer l'inconscient
- [00:10:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=606) comme discontinuité c'estàd comme procédant d'une discontinuité il y aurait au fond une propriété de qui introduirait à une discontinuité
- [00:10:17](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=617) ou viendrait s'engouffrer autre chose par exemple le parasite c'est autre forme de vie qu' est la langue qui vient
- [00:10:23](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=623) s'engouffrer dans le vivant par cette discontinuité il y a effectivement l'in.
- [00:10:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=629) chvement enfin le fait que l'humain n'a pas de mode d'emploi on est jeté dans le monde inachevé et cetera
- [00:10:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=636) et il y a un troisème dimension que peut-être je trouverais bien de lancer juste comme point c'est-à-dire le fait
- [00:10:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=642) qu'il y a une perte d'information dans le fonctionnement cérébral c'est Pierre magistrti qui m'a rendu attentif à cette dimension
- [00:10:50](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=650) décrite par Reichel que tu peux peut-être préciser mais qui est assez proche de ce que on a commencé à
- [00:10:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=658) débattre tout à l'HE.
- [00:10:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=659) d'Urs tu peux peut-être juste expliquer ce que c'est que cette perte d'information effectivement et et et en fait
- [00:11:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=665) tout ça est en lien avec cette idée que il y a il l'approche fréquente des neurosciences de voir
- [00:11:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=673) un maapage sans reste de ce qui se passe dans le monde extérieur de ce qui s'inscrit et de ce
- [00:11:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=678) qui est reproduit en fait bon est peut-être valable pour certains aspects probblement cognitif mais justement ne tient pas
- [00:11:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=687) la critique par rapport à.

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- [00:11:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=689) une autre vie psychique qui est la vie non consciente et là aussi il y a plusieurs éléments que
- [00:11:38](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=698) l'on peut disséquer plus tard mais alors pour reprendre le point de déjà le point de départ tout simple de
- [00:11:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=702) se dire voilà finalement on se construit par l'expérience donc ça veut dire que le monde extérieur petit à petit
- [00:11:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=708) se s'inscrit dans nos réseaux de neurones et bien il y a une perte énorme entre l'information en terme
- [00:11:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=717) vraiment de bit.
- [00:11:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=719) par second donc utilisant des termes informatiques qui est dans le monde externe ce qui s'inscrit sur la rétine et
- [00:12:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=725) ce qui arrive au cerveau au cortex visuel donc le premier relais de l'inscription de l'expérience du monde extérieur oui
- [00:12:15](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=735) c'est un miracle qu'on arrive à survivre alors alors ce qu'il y a ça implique par définition qu'on reconstruise qu'on
- [00:12:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=746) qu'il y ait justement une perte et que l'on.
- [00:12:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=748) interprète en fait le cerveau en permanence remplit les vides c'est fait du Photoshop en permanence pour reconstituer
- [00:12:38](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=758) une image et donc on voit déjà là que entre ce qui entre la réalité externe ce qui même arrive
- [00:12:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=765) dans le détecteur primaire qui est la reptile et ce qui finalement arrive à à la à la au cortex
- [00:12:54](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=774) et bien il y a une énorme perte d'information mais malgré tout cela on.
- [00:12:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=778) on a quand même des images extrêmement précises mais elles sont individualisées entre autres par le fait que ce remplissage
- [00:13:07](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=787) du déficit d'information se fait de manière individuelle par une manière une sorte d'interprétation donc déjà là par rapport à
- [00:13:15](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=795) quelque chose qui sera millions on passe de 10 10 à la puissance 10 bit par seconde à à la
- [00:13:22](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=802) puissance 4 il y a une perte de 1 million de de de d'unités d'information ce qui permet.
- [00:13:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=808) non ce qui permet justement que ce qui est disjoint œuvre alors oui qu'est-ce que ça permet là encore je
- [00:13:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=817) je note j'aime beaucoup ces discontinuities qui font que disons le corps l'organisme ne peut pas être reflet du monde
- [00:13:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=825) qui il y a quelque chose il y a des appareils évidemment de perception et de relais mais qui n'y
- [00:13:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=832) a rien qui est de l'ordre de l'impression du monde voilà moiaime bien.
- [00:13:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=838) dire de temps en temps le cerveau n'est pas un appareil photographique le cerveau n'est ni un appareil photographique ni
- [00:14:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=844) un appareil ni un interféromètre ni une mesure d'onde qui échapperait la vue et cetera qu'il y a enfin ça
- [00:14:15](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=855) c'est je je trouve ça en effet c'est c'est signalement de la rupture de l'organisme et du

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- [00:14:22](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=862) et lumvelt enfin ne sont pas certainement pas sur le mode simple du reflet.
- [00:14:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=868) euh qu'il y a là beaucoup d'autres choses alors maintenant quand on dit en effet le c'est un miracle qu'on
- [00:14:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=877) arrive à survivre avec le peu d'information finalement qu'on a sur le monde Lacan avait un point de vue au
- [00:14:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=883) fond c'est il dit tout de même la mémoire c'est une propriété du vivant que c'est caractéris le vivant a
- [00:14:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=895) besoin de savoir un certain nombre de choses pour survivre.
- [00:14:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=899) et que le vivant sait tout ce qu'il doit savoir pour vivre pour survivre Mo en qui il dit la
- [00:15:08](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=908) mémorisation freudienne et il opposait mémoire et mémorisation justement la mémoire du vivant entend ce qu'il a besoin comme organisme
- [00:15:17](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=917) biologique pour survivre dans un monde fort complexe et donc il ne perçoit que très peu de chose et il
- [00:15:23](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=923) faut quand même s'organisation et puis il y a l'histoire de la mémorisation freudienne.
- [00:15:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=928) qui est un système qui justement plutôt empêche de vivre le vivant ça n'est pas un système en tout cas
- [00:15:38](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=938) d'hypothèse et de que ça n'est pas un système qui s'ajoute au vivant pour lui permettre de mieux vivre d'avoir
- [00:15:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=948) plus de bonheur pas du tout c'est un système qui recueille tout ce qui empêche de vivre le vivant qui
- [00:15:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=956) l'empêche de vivre en rond.
- [00:15:59](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=959) qui le fait disjoncter qui le fait dysfonctionner qui lui met des bâtons dans les roues qui lui fait choisir
- [00:16:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=966) ce qui vraiment n'est pas pour son bien et toutes ces choses d résumer tout ce système non pas tellement
- [00:16:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=973) à partir de ce qui est conscient ou inconscient qui d'une certaine façon est de moins en moins pertinent dans
- [00:16:22](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=982) le développement disons de la psychanalyse contemporaine mais plutôt de ce qui est.
- [00:16:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=988) du côté duutil au vivant en tant qu'organisme et ce qui lui est plutôt ce qui lui fait obstacle et
- [00:16:38](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=998) qui permet de greffer par là après toutes ces constructions invraisemblables qu'on appelle civilisation qui lui fait obstacle mais je
- [00:16:46](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1006) je trouve ça vraiment extrêmement éclairant et en fait ça rejoint beaucoup de choses que que nous disons parce que
- [00:16:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1011) bon on peut le voir sous la forme de dire ce qui lui fait obstacle mais on peut aussi lui
- [00:16:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1016) dire c'est ce qui l' franchi justement du.
- [00:16:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1018) déterminisme aussi bien bon génétique ça c'est un peu facile mais même du déterminisme d'un certain de de de de
- [00:17:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1026) du du vivant extérieur à lui et et et en fait se trouve cette idée de mémorisation par qui
- [00:17:15](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1035) qui seritmise en disons pas en opposition mais en complément en miroir à la

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- [00:17:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1046) alors bon là je je reprends parce que on a.
- [00:17:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1048) a ce point de départ est-ce que en quoi on pourrait dire aussi que ces deux modes de fonctionnement
- [00:17:34](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1054) du cerveau quelque part il y a un système de mémoire et avant la mémoire il y a il y
- [00:17:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1059) a le programme en fait et c'est-à-dire qu'il y a tout de même certains systèmes qui sont déterminés presque biologiquement
- [00:17:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1068) de chez l'animal ils sont totalement dominant c'est-à-dire il y a très peu de de marge de manœuvre il
- [00:17:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1076) y a un mode emploi qu' on aime bien dire.
- [00:17:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1078) on nous dit que les singes ont des civilisations alors peut-être les singes mais prenons les animaux disons ils ont
- [00:18:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1086) tous une vie sociale bien sûr mais elle est très fortement déterminée par probablement des des mises en place
- [00:18:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1093) du système nerveux des circuits qui sont très automatiques ou qui rendent le comportement assez automatique qui laisse assez
- [00:18:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1101) peu de de liberté nous nous avons cet avantage de pouvoir se créer un peu notre mode d'emploi par.
- [00:18:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1108) des mécanismes de de de d'échapper à ça mais peut-être que ça suffit pas peut-être que ce qui nous rend
- [00:18:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1113) justement nous donne cette liberté c'est cette mémorisation qui vient faire obstacle mais qui peut-être aussi nous nous affranchit dans
- [00:18:41](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1121) certains déterminisme en tout cas on peut dire qu' on est dans un dispositif vraiment complexe à penser entre neuroscience
- [00:18:47](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1127) et psychanalyse entre biologie et psychanalyse entre le vivant et le langage c'est ce double parasitisme c'estàd que à
- [00:18:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1136) la fois le vivant parasite la langue.
- [00:18:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1138) le système de la langue et en même temps le langage et son appropriation subjective dans la parole parasite le
- [00:19:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1144) vivant et on voit que il y a des propriétés du vivant qui sont susceptibles de recevoir ce parasitisme enfin
- [00:19:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1152) de dire qu'il on est inachevé qu'on a un programme qui nous déprogramme de notre programmation de dire qu'on a
- [00:19:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1158) un défaut de perte d'information et donc qu'on est obligé d'interpréter en permanence donne une énorme place à ce parasitisme
- [00:19:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1167) c'estàdire.
- [00:19:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1168) il faut reprendre ilonst donner une forme en effet contemporaine compatible avec les avancées de la biologie et des neurosciences
- [00:19:38](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1178) contemporaines à disons cette intuition l'homme est un animal malade que c'est un animal certainement mais qu'il y a quelque
- [00:19:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1188) chose un certain nombre d'impass qui fait que s greffé sur cet homme un un organisme alors on peut dire
- [00:19:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1198) LAAC exploré deux voies premièrement cet organisme n'a pas de rapport avec le

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- [00:20:09](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1209) un langage ça n'a pas de rapport avec le vivant ça a des lois propre qu'il faut étudier indépendamment du
- [00:20:17](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1217) vivant et qu'au fond le vivant doit s'accommoder de ces parasites langagier qui obéit à tout un ensemble.
- [00:20:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1228) de règles qui sont à étudier comme t mais j'ai bien aimé quand vous dites mais il y a un
- [00:20:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1233) double parasitage c'est qu'au fond après il y a la façon dont le vivant voilà parasité transforme la langue en
- [00:20:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1243) quelque chose dont il a un usage oui dont il a un usage c'est qu'on a un effet de rebrousement
- [00:20:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1252) voilà qui d'un côté on a d'abord ce langage.
- [00:20:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1258) qui est mort qui enfin qui est mort qui vraiment tient pas peu de choses par rapport au vivant enfin
- [00:21:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1265) qui tout de même est accroché par là et on peut servir des logosciences on peut servir de de la
- [00:21:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1272) logique on peut servir de la linguistique on pe tas de choses pour étudier cet objetl h bon et puis
- [00:21:19](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1279) après il y a un deuxième temps dans lequel oui mais tout ça ça sert au vivant et d'ailleurs finalement
- [00:21:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1286) regarder les.
- [00:21:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1288) c'est intéressant certains mouvements des langues quand il y a eu d'abord le premier mouvement schomskien nous allons étudier les
- [00:21:34](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1294) règles indépendamment du vivant et puis alors deuxième mouvement une fois qu'on a rencontré un certain nombre d'impasse que je
- [00:21:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1302) me suis considéré il n'arrivait pas à trouver des règles de transcription du fonctionnement de la langue qui permettaiit de
- [00:21:49](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1309) rendre compte finalement des par particularité de l'usage étrange du langage chez les vivants 2è point.
- [00:21:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1318) alors il faut réintroduire le vivant et par exemple ils sont servis de ça en réintroduisant le darwinisme en réintroduisant
- [00:22:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1325) la sélection en expliquant que oui les irrégularités des verbes anglais et cetera sont dus simplement à des phénomènes de
- [00:22:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1334) répétition darwinienne qui permettaiit de sélectionner les cas les plus rar et cetera et cetera mais on ramène la question
- [00:22:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1341) du vivant pour expliquer le fonctionnement et bien il y a une sorte en effet de double mouvement.
- [00:22:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1348) dans le retour de de cet usage ce qui par ailleurs laisse ouvert la question peut-on parler de l'inconscient comme
- [00:22:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1357) un produit du cerveau ça non c'est un peu pour nous on n parle pas comme ça c'estàdire que pour
- [00:22:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1365) dans nos travaux l'inconscient procède de la discontinuité c'est pas un produit du cerveau c'est pas une fonction alors c'est

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- [00:22:53](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1373) là que peut-être on pourrait arriver à utiliser ce moment pour être précis sur les.
- [00:22:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1378) terme c'est pas une fonction c'est pas une manifestation c'est pas une production du cerveau c'est une c'est une fonction
- [00:23:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1385) disjointe allez-y peut-être avec l'idée de fonction disjointe c'est-à-dire qui résulte de cette discontinuité qui ouvre à un autre mode
- [00:23:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1394) de fonctionnement et qui ouvre finalement à la possibilité d'une émergence j'ai longtemps je fais une petite parenthèse dit
- [00:23:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1401) c'est pas une fonction émergente l'inconscient ça dépend ce qu'on appelle émergence si on appelle émergence le fait.
- [00:23:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1407) qui a une série de propriétés d'où va sortir un état imprédictible comme en physique on considère des émergence à
- [00:23:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1416) ce moment-là oui l'inconscient est une fonction disjointe et émergente et pas une production d'un système neuronal spécifique tu vouz
- [00:23:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1428) pardon juste une ch la question du terme de production est important il est probablement c'est un mauvais terme mais
- [00:23:53](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1433) en même temps ça se dit est-ce que c'est.
- [00:23:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1438) en fait quelque chose qui est en lien direct continu voilà avec le fonctionnement de certains circuits par exemple
- [00:24:09](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1449) ou est-ce que il y a des événements imprédictible dans l'instant qui sont en fait des États qui procèdent
- [00:24:20](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1460) quand même du fonctionnement du cerveau mais qui produisent des choses qui sont pas dans une linéarité dans un dans
- [00:24:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1466) dans une continuité.
- [00:24:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1467) la notion de production de fonction émergente et cetera en physique ça a une certaine utilité parce que d'accord c'est
- [00:24:34](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1474) imprédictible mais tout de même ça rentre dans des calculs de fonction et le phénomène est descriptible obéi au loit
- [00:24:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1482) de la physique le grand problème c'est quand on transporte ces métaphores là où elles deviennent métaphores ou analogie quand
- [00:24:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1492) on veut étudier l'inconscient parce que là on a aucun système.
- [00:24:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1497) qui rendent compte vraiment de la transformation d'un État en une propriété émergente on le dit comme ça ou de
- [00:25:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1504) propriété à un état ou de propriété en un état on le dit comme ça mais rien ne rien
- [00:25:10](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1510) n'a jamais d' la question d' l'intérêt d'en discuter voilà parce que ça c'est le point
- [00:25:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1518) le point fondamental où vous le pointer dans dans dans ce concept de fonction disjointe voilà qu'est-ce que c'est qu'une
- [00:25:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1527) fonction dis.
- [00:25:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1527) jointe parce que dans ce qu'on est en train de décrire quand on dit émergence dans le sens classique manifestation
- [00:25:34](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1534) ou production on a cette idée de continuité de de résultat d'une substance voilà prédictible qui de façon linéaire donnerait
- [00:25:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1545) des états particuliers or d'introduire l'idée de discontinuité de disjonction nous fait sortir d'une vision substantialiste.

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- [00:25:58](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1558) du cerveau pour aller plutôt vers une vision ou de la paril psychique aussi bien une vision temporelle c'estàdire que
- [00:26:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1566) c'est un dispositif de traitement du temps avec synchronie réassociation disjonction parasitisme c'est c'est c'est c'est des différentes log système
- [00:26:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1578) de traitement et de l'espace et du temps et deux très certainement puisquils sont parfaitement liés.
- [00:26:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1587) mais si vous voulez lorsque vous dites alors j'ai perdu mon le fil je voulais répondre à un point oui
- [00:26:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1596) alors on revient parce que là on peut faire des allersretours et des arrêts sur image donc fonction disjointe je
- [00:26:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1603) crois que je vous invite depuis le début à à à reprendre peut-être déjà comment vous avez choisi de construire
- [00:26:53](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1613) ce terme de fonction disjoin c'est pour faire le contrep.
- [00:26:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1617) de fonction émergente voilà si vous voulez c'est ça n'émerge pas ces 10 joints voilà ça n'est pas joint en
- [00:27:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1624) un point queles que soient les chaînes et cetera parce que l'imprédictible si vous voulez l'imprédictible n'enlève rien au déterminisme
- [00:27:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1633) absolument d'ailleurs au contraire détermin les équations dans les fameuses mathématiques du chaos pour prendre le livre le titre formidable
- [00:27:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1641) qu'avait donné gL à ses considérations sur les mathématiques qui vont qui se.
- [00:27:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1647) occupe de traiter les états dit chaotique enfin qui étaient imprévisible et qui reste imprévisible dans la mécanique classique il
- [00:27:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1656) est possible de les traiter d'une certaine façon et il y a eu des mathématiques effectivement depuis les fractal de
- [00:27:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1664) mendelbrot jusqu'à des des des inventions extrêmement variées qui ont justement maintenu parfaitement le principe de la détermination mais une
- [00:27:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1675) détermination d'un ordre supérieur ouais.
- [00:27:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1677) qui inclut parfaitement l'imprédictible oui comme disent les physiciens quand on a trop de détermination enfin plusieurs faisau détermination on
- [00:28:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1686) tombe dans une divergence exponentielle ou quelque chose il a un terme spécifique de choses de ce type qui ne
- [00:28:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1694) ne ne touche pas la foncière disons prédictibilité mais qui touche par contre à l'idée naïve de causalité absolument et
- [00:28:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1705) de même c'est ce qui est.
- [00:28:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1707) fantastique ce que nous vivons ce que vous vivez encore plus que particulièrement dans dans ces neurosciences c'est l'impact des
- [00:28:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1716) modifications de la théorie de la causalité qu'implique en effet la physique quantique dans le les déroulements on est dans
- [00:28:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1724) des réinterprétations constantes à mesure que l'on avance que ce qui était par exemple ce qui était un objet de
- [00:28:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1732) de de de de scandale pour les générations précédentes le principe d'incertitude.
- [00:28:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1737) deisenberg ou bien qui était un un objet difficile à avaler comme le chat de Schrodinger maintenant ça sa place

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- [00:29:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1745) ça sa fonction on voit bien ce que c'est et on construit d'autres objets oui d'ailleurs une parenthèse c'est un
- [00:29:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1751) intérêt aussi pour la psychanalyse dans son champ avec ce domaine au fond connexe qui est la science de critiquer
- [00:29:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1761) une certaine vision du déterminisme qu'on a la psychanalyse rien de l'ignorance ne lui est utile.
- [00:29:28](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1768) et en effet aucune passion de l'ignorance n'a à s'exercer quand on le soulligne on est fait longtemps et spécialement
- [00:29:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1777) il y a besoin pour les psychalyes de se cultiver pour se décrasser se décontaminer de tout ce qu'ils ont
- [00:29:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1784) comme théorie disons spontanée de la causalité c'est excellent que de se plonger pour pouvoir saisir précisément les causalités
- [00:29:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1796) extrêmement bizarres.
- [00:29:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1797) que la apostrophe causalité psychanalytique gen l'objet petita comme cause mais c'est c'est vraiment une cause bizarre donc il y
- [00:30:08](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1808) a besoin pour concevoir ce type disons de se décrasser un peu et là un petit peu de science de
- [00:30:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1814) philosophie des sciences et d'essayer de suivre le mouvement de la science contemporaine est en effet extrêmement utile comme exercice
- [00:30:22](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1822) spirituel mais ce qui est ce qui est un mais bon ça va peêtre.
- [00:30:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1827) d' exercice spirituel par çaà de l'exercice spirituel en tout cas ça inéresse même sans spiritualité ça ça m'intéresse personnellement
- [00:30:34](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1834) non mais ce que ce qui est quand même ce qu'on essaie de circonscrire et et et et peut-être qu'on
- [00:30:40](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1840) a pas le même avis et c'est très bien qu'on en discute mais c'est comment par exemple une machine effectivement
- [00:30:46](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1846) qu'a priori est étudiée jusqu'à aujourd'hui avec des une conceptualisation quand je dis machine c'est le cerveau hein.
- [00:30:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1857) disons séquentiel temporel ou le temps les dimensions sont extrêmement importantes arrivrive à produire de nouveau je m'excuse je réutiliser
- [00:31:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1866) ce terme ou ou à mettre un état quelque chose qui soit adimensionnel parce que quand même je comprends très
- [00:31:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1874) bien queimensionnel veut dire le le ce que moi je cru comprendre du processus primaire c'est-à-dire ce qui se passe
- [00:31:22](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1882) dans cette dans ce que on se construit soi-même.
- [00:31:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1887) cet inconscient que décrit et qu' étud qui et qui étudie la la psychanalyse enfin qu' a conceptualisé Freud et
- [00:31:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1893) qui est et qui est une partie fondamentale de de l'individu malheureusement quelque part les neurosciences cognitives réduisent l'individu
- [00:31:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1902) à des processus oui cognitifs et même on rajoute un peu d'émotion maintenant éventuellement un petit peu d'inconscient mais c'est
- [00:31:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1911) l'inconscient subliminale enfin c'est et puis cet autre mode je reviens toujours à cette.
- [00:31:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1917) autre mode de fonctionnement du cerveau je le crois profondément qui fait qui

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- [00:32:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1924) terme le autre chose que produire mais qui est à la base qui permet l'émergence ou la de de cette
- [00:32:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1931) vie de cette inconscient freuddien qui est justement adimensionnel alors comment ça c'est une question bon alors soit on dit
- [00:32:18](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1938) ça n'a rien à voir avec le cerveau et c'est égal et bon ok ben on discute autre chose soit
- [00:32:24](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1944) on dit c'est s'il y a quelque chose c'est c'est en lien.
- [00:32:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1947) avec le cerveau mais c'est un autre mode de fonctionnement du cerveau que j'aimerais beaucoup comprendre att quand vous dites
- [00:32:32](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1952) ad dimensionnel il y a une dimension dans la dans la position du cerveau il s'agit de s'entendre sur ce
- [00:32:40](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1960) qu'on appelle dimension il y a une dimension celle que tente de de en tout cas soutenir la CAN c'est
- [00:32:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1968) l'idée de il y a une dimension de la lettre parce que dans le langage en effet quand on dans
- [00:32:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1976) ce.
- [00:32:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1977) cet ensemble de choses ou dans le langage il y a des modes très distincts il y a des dimensions
- [00:33:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1985) très distincte une première dimension c'est la parole bla bla nous parlons nous parlons avec des tas de phénomènees du
- [00:33:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=1993) type le le le malentendu la méconnaissance la reconnaissance le matu bien bien compris là on est dans la dimension
- [00:33:23](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2003) de la parole avec ses lois propres avec ses phénomènes propres.
- [00:33:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2007) eu et cetera et puis une autre dimension c'est l'écrit l'écrit qui n'est pas du tout la même dimension que
- [00:33:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2013) la parole et qui d'ailleurs dans la parole la la perturbe beaucoup alors vous avez la perturbation par exemple
- [00:33:41](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2021) eu en effet dans les rêve où arrivent des choses qui sont écrites et c'est depuis ça nous est resté
- [00:33:49](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2029) depuis la tradition depuis la Bible Daniel tout VO est convoqué pour interpréter les songes de Pharaon.
- [00:33:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2037) et il lui dit il y a trois lettres a trois caractères et ben voilà tu es cuit ton pouvoir
- [00:34:02](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2042) est ton pouvoir est Cadu parce que tu es pesé tu es mesuré et cetera parfait cette lettre ça reste
- [00:34:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2052) un acte qui est très différent de l'acte de parole un acte à interpréter mais une hallucination c'est autre chose
- [00:34:22](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2062) mais c'est quelque chose vous avez quelqu'un qui pendant très longtemps dans sa vie eu.
- [00:34:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2066) est anxieux il est plus ou moins persécuté par les autres il vit dans un état de stress permanent et
- [00:34:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2077) puis un beau jour ça s'écrit il voit quelque chose les feux rouges parl une langue qu'il ne connaît pas

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- [00:34:49](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2089) mais il sait que ça lui parle et ça s'écrit dans le monde et ensuite il va déchiffrer il va
- [00:34:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2095) passer 10 ans de sa vie.
- [00:34:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2097) à comprendre quelle est cette langue qui s'impose à lui qu'est-ce qui fait oui oui d'accord c'est vrai que les
- [00:35:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2103) les les médecins disent que c'est c'est pour tout ça sont des fantaisies et cetera regardez quand c'est John Nash
- [00:35:09](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2109) prix Nobel d'économie qui lui dit très bien la fin de sa vie oui oui les médecins m'ont dit que
- [00:35:15](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2115) ce que je les messages que je voyais oh c'était des hallucinations faut pasifier il dit oui mais ce
- [00:35:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2121) qui m'ennuie c'est que moi ça venait exactement de la même source que celle qui m'ont donné les.
- [00:35:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2127) les formules du théorème ça venait avec la même certitude cette source c'estàdire ça s'écrit ça s'écrit et ensuite il
- [00:35:35](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2135) faut déchiffrer alors voilà une dimension c'est une dimension de l'activité humaine où justement à un moment donné c'est tout
- [00:35:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2143) à fait opaque évidemment au sujet qui ne comprend pas ce qui s'écrit ce qui s'est écrit et ça s'écrit
- [00:35:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2152) de différentes façons alors là quand on prend effectivement la certitude hallucine.
- [00:35:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2157) atire le rêve et son importance il y a des tas d'autres façons dans la nrose dans lesquel quelque chose
- [00:36:01](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2161) c'est écrit on sait pas ce que c'est et on va passer son temps à déchifffrer et puis il
- [00:36:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2165) y a une troisème dimension qui est le nombre qui fait partie des lettres comme il la quand la langue véhicule
- [00:36:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2174) quelque chose du nom alors quoi on a C trois dimensions et ces dimensions dans lequel nous nous déplaçons il
- [00:36:24](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2184) y a quelque chose qui se déplace en effet.
- [00:36:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2187) mais qui a un cerveau mais qui sans doute est un être qui certainement a besoin d'avoir un certain nombre
- [00:36:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2196) d'appareil mais il y a quelque chose qui dépasse ça alors je crois qu'on met le doigt sur le point
- [00:36:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2203) que l'on veut discuter parce que effectivement une manière de dire bon on prend l'exemple desmatique ou de la lettre
- [00:36:50](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2210) ouou ou c'est ou de la parole c'est de de la langue c'est de dire il y a quelque chose qui échappe aux lois du vivant ou de la physique et donc il il faut le prendre comme ça comme
- [00:37:09](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2229) venant j'utilise exprès ce terme d'ailleurs ce que personnellement j'essaie de de comprendre c'est de se dire c'est tout simplement
- [00:37:20](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2240) que on n'a pas encore
- [00:37:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2245) compris.
- [00:37:27](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2247) le les lois ou le fonctionnement la le mode de fonctionnement du cerveau qui produit ce type d'autrees monde qui
- [00:37:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2259) est tout à fait réel qui est certainement pas réductible aujourd'hui avec nos connaissances des neurosciences à l'aspect des neurosciences

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- [00:37:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2268) cognitives et quand on le fait son coniss c'est pas un bon thme enfin de ce qu'on connaît aujourd'hui des
- [00:37:53](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2273) neurosciences et c'est pas le bon outil.
- [00:37:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2277) d'où l'idée de dire c'est ailleurs ça vient d'ailleurs mais cet ailleurs il est peut-être quand même quelque part dans
- [00:38:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2283) un autre mode de fonctionnement de notre cerveau que l'on ne connaît pas encore ça c'est c'est c'est sûr qu'il
- [00:38:08](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2288) y a des choses qu'on ne connaît pas encore ça c'est mais c'est très important de le rappeler c'est pour
- [00:38:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2292) ça que très important de rappeler mais bon je crois que que ce que cherche à dire pierre enfin si
- [00:38:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2301) je me permets d'interpréter la perte d'information.
- [00:38:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2306) de 1 million sur le plan visuel donc si est déjà de 1 million sur le plan visuel sur le
- [00:38:31](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2311) plan ici télévisuel d'un entretien c'est difficile mais enfin il y a cette dimension d diimension enfin cette adimensionnalité c'estàdire
- [00:38:41](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2321) que à l'interface entre ces deux mondes si on pouveit mettre sur la ligne de crête ça se joue dans
- [00:38:47](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2327) le discontinu donc ce sur quoi nous tombons c'est une biologie de la discontinuité on pourrait dire ou quelque chose
- [00:38:54](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2334) comme ça des conditions d'une.
- [00:38:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2336) contintinuité après de savoir comment cette discontinuité par c'est là que s engagé le débat hein introduit le fait qu'un
- [00:39:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2345) monde vienne coloniser un autre ou viceva ou le double parasitisme comme je le disais tout à l'heure c'est encore
- [00:39:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2352) une autre question alors la la comment s'institue cette discontinuité c'est là que au fond l'hypothèse freudienne de la non
- [00:39:24](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2364) temporalité de l'absence de.
- [00:39:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2366) contradiction l'absence de négation que au comment dire au noyau de l'être que manifeste la clinique le rêve le sujet
- [00:39:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2376) dans ses décisions il y a une logique illogique qui vient complètement ruiner au fond tout le fonctionnement peut-être à
- [00:39:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2385) la fois biologique ou de ce que programme le nombre la lettre ou même le signifiant enfin qui lui-même et
- [00:39:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2391) et voilà c'est ça la question de cionnalité.
- [00:39:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2396) comment Lacamp a lu ce disons ce qui est apparu à Freud freux donc est parti de de de la
- [00:40:08](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2408) mécanique classique il avait il est parti de des débats à Vienne en physique qui allait engendrer le grand débat
- [00:40:17](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2417) Marc Mar bolzman et il a eu lui contact direct avec Helm HS et il a essayé de faire avec
- [00:40:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2425) son.
- [00:40:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2426) son projet de psychologie il a essayé de faire quelque chose de compatible avec ça donc et la la quand

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- [00:40:34](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2434) considérit qu'il y avait un peu trop d'adhérence en effet que ça devenait inextricable avec en particulier cette idée de
- [00:40:40](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2440) l'impression l'idée que l'écriture c'était une impression une impression qu' avait des signes de perception qui s'imprimaient bon et l'histoire
- [00:40:49](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2449) du bloc magique en disant ça c'est typique de l'impasse dans laquelle c'est engouffr.
- [00:40:57](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2457) une certaine lecture disons disons précisément mécanique et le retour à Freud c'était aussi retour aux conditions de possibilité de
- [00:41:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2463) Freude et d'essayer de trouver une autre étant donné que en effet la neurologie la physique tout ça c'était modernisé
- [00:41:10](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2470) entretemps non pas de rester à une intuition qui était de traduire quelque chose de son expérience dans les langages
- [00:41:20](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2480) de la physique de l'époque et des représentations de mots représentations de choses et CEA qui sont maintenant des vieilleries
- [00:41:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2485) donc.
- [00:41:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2486) donc refaire tout ça à nouveau frais et penser alors penser une instance de la lettre voilà qui ne soit
- [00:41:36](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2496) aucune impression mais qui soit une écriture alors d'où la proposition d'un mode d'écriture dans lequel il y a une
- [00:41:43](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2503) sorte d'enveloppement d'enveloppement parasitaire le nœud le nœud c'est un enveloppement parasitaire le symbolique enveloppe parasitairement l'imaginaire qui lui-même
- [00:41:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2515) enveloppe.
- [00:41:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2516) parasitairement le réel et tout ça ça tient comme ça peut avec des appareillages bizarres comme de dire on rajoute
- [00:42:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2523) un nœud le nom du père enfin vous voyez c'est c'est c'est c'est effectivement une sorte d'enveloppement eu qui est
- [00:42:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2532) très étrange et il appelle ça une écriture c'estàdire une écriture qui permet d'éviter tout phénomène d'impression tout phénomène de
- [00:42:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2541) type surface reproductible et C point fondamental.
- [00:42:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2546) de du débat de ce matin enfin de ce jour de septembre parce que c'est au fond le programme
- [00:42:32](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2552) vers un au-delà de la trace c'est c'estàdire du du paradigme de la trace qui était tellement présent chez Freud
- [00:42:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2559) la trace nésique qui a été aussi repris d'une certaine manière dans un temp par la camp qui faisait du
- [00:42:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2564) signe de la perception insignifiant et qui lui-même faisait ce ce ce voilà et que au fond là on voit
- [00:42:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2571) qu'on est introduit à penser.
- [00:42:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2576) quelque chose du rapport de ces deux vivants entre guillemets qui se parasitent au-delà de la trace parce que dans
- [00:43:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2585) nos travaux on a d'abord on est d'abord parti de la trace on a mis l'intersection la psycanalise des neurosciences
- [00:43:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2593) le point de buté qui était la trace trace nésique trace inconsciente trace insr même temp vous avez justement signifiant

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- [00:43:20](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2600) ouais au départ vous avez plutôt montré en effet justement ce qui de résiste.
- [00:43:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2606) H a cette idée de trace h dans le fait que justement ça on narrive jamais à faire un mapping
- [00:43:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2613) on arrive jamais à faire un mapping avec un concept pareil mais là on a une discussion qui va vers
- [00:43:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2619) un au-delà de la trace mais disons juste la question de la réassociation de traces pour nous est une manière
- [00:43:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2625) aussi de se dégager de l'impression et de quelque chose qui est mappé directement bien sûr il y a des
- [00:43:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2631) traces on souvient on a pris les maths on souvient des dates de l'histoire il y a il y a
- [00:43:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2635) des traces.
- [00:43:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2636) il y a des des ensembles des assemblées de neurones qui codent pour et qui sont une impression mais le
- [00:44:01](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2641) ce que ce qui pour nous a été un point important ou un artifice important pour se sortir de
- [00:44:09](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2649) cette continuité on revient toujours là c'était de se dire des bouts de traces se réassocient et crée autre chose
- [00:44:17](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2657) euh d'autres traces d'autres assemblées de neuron qui ne sont plus en lien direct avec l'expérience.
- [00:44:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2666) initial et qui ont pris une sorte de vie en eux-même ou en elle-même et que ce sont des éléments
- [00:44:32](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2672) alors moi c'est je dirais que c'est on pourrait appeler ça la la mémorisation moi j'ai beaucoup aimé ce terme
- [00:44:37](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2677) c'est-à-dire qu'il y a que c'est fait à partir quand même d'une expérience mais c'est complètement remanié par la réassociation
- [00:44:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2684) de trace et quelque chose d'autre se produit vous V c'est très difficile déjà l'assemblée de neurone c'est magnifique comme
- [00:44:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2691) expression c'est toute la démocratie américaine qui est là assemblé assemblé neuron.
- [00:44:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2696) c'est c'est c'est c'est extraordinaire c'est neuronal cocus il aurait dû ajouter on on sent bien que il y a
- [00:45:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2704) là toute une tradition qui se manifeste c'est libéral très bien c'est canadi mais vous avez vous avez ça s'oppose
- [00:45:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2711) effectivement au moins il y a du multiple et ça s'oppose au trucs un peu dingo du type le neurone
- [00:45:17](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2717) de Jennifer Anisson et de même le neurone de 1515 le neuron de Marignan enfin pour nous ça c'est
- [00:45:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2725) là le côté de.
- [00:45:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2725) mais même en Suiss on n y croit pas et d'ailleurs vous croyez pas à Marignan non plus mais précisément
- [00:45:32](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2732) quand on a avec des apprentissages on arrive à fixer un certain nombre de trucs c'est tout à fait autre
- [00:45:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2739) chose que la dimension effectivement à laquelle on s'adresse on ne peut pas

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- [00:45:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2748) qui suivent la quand a dit à un moment donné bon métaphore métonymie il a bougé ça pour expliquer comment
- [00:45:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2755) ça se com.
- [00:45:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2755) ça bouge tout le temps en effet ça bouge tout le temps on peut pas demander aux neurones de s'associer
- [00:46:01](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2761) selon métaphore et métonymie pourquoi pas ah vous vous êtes très exigeant on appelle ça on pourrait appeler ça il
- [00:46:10](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2770) y aurait un processus neuronal qui permet justement et de qui peut être la la réassociation de certains éléments de
- [00:46:20](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2780) de C assemblé alors alors pourquoi pas mais vous vous rendez compte si si on par cette voix.
- [00:46:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2786) on va chercher comment métaphore et métonyie et après on va leur demander de faire des nœuds aux assemblées de
- [00:46:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2793) neur pourquoi pas par mais il y a une obje il y a une objection non mais une chose c'est
- [00:46:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2799) le vivant ne connait pas le nœud dans le corps humain on a bien regardé partout mais ce que je
- [00:46:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2804) veux dire quand on utilise le terme de nœud ou de méthonomie ou de métaphore on définit par des termes
- [00:46:49](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2809) approximatif qui sont les outils du langage quelque chose de qui se passe dans le cerveau tout simplement.
- [00:46:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2816) alors c'est là l'objection c'est là l'objection de C qui disait qui disait à donc à toutes qui disait écoutez
- [00:47:02](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2822) donc vous voulez que les objets soient là il dit non pas du tout sont pas dans le cerveau parce
- [00:47:07](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2827) que les objets mathématiques spécialement ceux qui ont été découvert au 20e siècle comme il dit ils sont infinis et
- [00:47:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2834) parfaits il y a rien du vivant qui est infini et parfait ça certainement pas et t il dit ces
- [00:47:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2841) objets là et alors je je.
- [00:47:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2845) aime bien ce genre de d'objection si vous voulez de a mais non c'est on doit trouver par une série
- [00:47:35](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2855) d'étapes finies et avec des niveaux du type algorithme de Markov ou tout expliquer comment ça se combine on doit
- [00:47:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2862) pouvoir trouver ça et il y a une discontinuité il y a un type d'objet qui qui ne se présente
- [00:47:48](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2868) pas et alors comment faire ça comment accepter ça sans être platonicien dire sans croire que la lettre ça existe
- [00:47:54](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2874) quelque part dans un ciel.
- [00:48:00](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2880) écritetou VI et qu'ut un mode d'écriture qui touche au vivant et là on a besoin en effet de
- [00:48:07](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2887) savoir un certain nombre de choses làd tout à fait ça c'est le temps c'est le point parce que bon

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- [00:48:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2894) là j'ai toujours une préoccupation que la discussion devient toujours trop comment dire sur les substances c'estd que ça soit
- [00:48:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2905) celles qui sont au-delà ou ou ou dans la matière et que là on est plus dans un dispositif on
- [00:48:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2913) est aussi dans un dispositif temporel c'està-dire que cette question de la synchronie de la du rapport diachronie synchronie une
- [00:48:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2922) assemblée de neurones c'est plus un dispositif synchronique ou qui temporel qui qui en fait n'a pas d'autre matérialité que
- [00:48:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2932) d'avoir fire together comme disait heb dans son hypothèse.
- [00:48:56](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2936) sur les assemblées de neurones he les neurones qui se lient entre eux sont ceux qui déchargent simultanément donc finalement
- [00:49:02](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2942) quelque chose qui qui qui procède du temps enfin du temps du temps comme ne pouvons pas être matérialisé alors
- [00:49:12](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2952) le temps le temps et l'espace dans le cerveau formidable alors vous avez alors ça dans le modèle standard neuroscience
- [00:49:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2961) on dit que si on fait une démonstration d'algèbre.
- [00:49:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2965) calcul simple il y a les aires qui sont mobilisées sont celles du langage et puis après quand on a
- [00:49:34](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2974) toute la démonstration quand ensemble ce sont d'autres airesir pariétales qui qui ne sont pas justementalé de la même façon
- [00:49:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2984) pourquoi la réponse c'est parce que la démonstration c'est ça se lit une fois que c'est fini une fois que
- [00:49:52](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2992) les étapes sont franchies il y a le 1 de la fin.
- [00:49:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2995) ça se lit donc comme fontant l'espace une sorte de méta ouais d'une sorte de métaespace c'est synchronique entièrement ça
- [00:50:04](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3004) n'est plus diachronique il y a plus d'étapes les étapes du calcul et cetera vous avez le truc et on
- [00:50:09](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3009) dit bah ce sont deux choses différent certainement il n'empêche que tout le problème c'est comment et l'objection de de
- [00:50:20](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3020) celui qui l' c'est comment est-ce que la certitude finale s'obtient.
- [00:50:26](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3026) la première fois on la trouve cette démonstration c'est-à-dire que comment on sait que ça s'est arrêté avant qu'on puisse
- [00:50:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3033) l'enseigner le montrer posément et faire jouer le le pariétal et le et le frontal et tout ce qu'on
- [00:50:39](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3039) veut mais là on a un système en effet le de l'un et du multiple comment en effet à un
- [00:50:47](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3047) moment donné ça fait un et comment ça le multiple là c'est on voit pour des démonstrations on peut voir
- [00:50:54](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3054) ça on peut voir aussi.
- [00:50:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3055) aussi exactement comme le système de comment vous avez la construction à un moment donné la construction dans l'existence de
- [00:51:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3063) quelqu'un d'un sujet d'un certain nombre de discontinuité exactement de discontinuité qui à un moment donné c'est discontinuité successive ces
- [00:51:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3073) trous qui justement n'arrivent pas à rentrer dans une dans une continuité dans un

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- [00:51:20](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3080) la psychanalyse ça n'est pas une herméneautique ça n'est pas faire le récit de sa vie c'est justement.
- [00:51:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3085) faire le récit de tout ce qui ne fait pas récit c'est tout ce qui fait trou tout ce qui
- [00:51:29](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3089) fait obstacle à ce que l'on puisse se retrouver soi-même justement tous les moments où on s'est perdu de vue
- [00:51:35](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3095) et bien ces moments là à un moment donné pour un sujet ça va cristalliser dans une hallucination dans une
- [00:51:42](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3102) lettre et donc la démonstration en effet fait un à un moment donné elle fait toutes les étapes et c'est
- [00:51:50](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3110) un mode en effet d'inscription qui est une sorte à la fois minire aime beaucoup.
- [00:51:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3115) beaucoup dire tel mot était à sténographie de pour pas prendre tel concept comme description finie et cetera bon il
- [00:52:05](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3125) y a en effet à un moment donné queles que soient les étapes quelque chose qui vient marquer et c'était
- [00:52:10](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3130) ça et c'est ça qui prend le caractère dis signifiant propriété particulière et qui défie les les types de répartition
- [00:52:23](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3143) je pense qu'on peut.
- [00:52:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3145) on doit le temps que nous avons arrive justement en parlant de temps nous sommes au bout du temps et
- [00:52:32](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3152) nous allons donc arrêter ici merci beaucoup é pour cette conversation on va arrêter sur le 1 merci à vous
- [00:52:40](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3160) parce que moi je n'ai pas vu le temps passer oui on a plus d'une heure nou mais oui je
- [00:52:45](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3165) viens de voir ça le temps mécanique simpose alors que j'ai pas le temps mécanique tourne en rond nous on
- [00:52:51](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3171) n'est pas parti tourner en rond on est.
- [00:52:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3175) au-delà merci
- [00:53:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3183) beaucoup bon ben c échange c'est été un moment de penser c'està-dire un moment de recherche c'est un échange qui
- [00:53:14](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3194) va au-delà de la question de la trace c'est un échange qui remet en question la la problématique de.
- [00:53:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3205) émergenence c'està-dire entre des états comme on l' défini entre des propriétés et des états du cerveau il y a
- [00:53:33](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3213) une discontinuité là aussi c'est deux ordres totalement différents qui entrent en résonance en synchronie en diachronie et on a
- [00:53:44](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3224) essayé de chercher comment penser le choc de ces matérialités finalement oui en fait j'irai dans la même direction c'est
- [00:53:53](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3233) de dire d'abord que c'est vraiment un moment.
- [00:53:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3235) de recherche et dans ce sens je trouve que c'est un événement agalma qui est tout à fait dans dans
- [00:54:00](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3240) l'esprit c'est-à-dire où on met au travail une idée et puis on fait une sorte de manipe expérimentale devant la

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- [00:54:06](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3246) caméra eu par ailleurs ce qui ressort pour moi c'est que effectivement il y a d'un côté la préoccupation d'un
- [00:54:13](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3253) neurobiologiste ou des neurosciences en général c'est-à-dire de comprendre comment le cerveau produit la pensée et en même temps ou
- [00:54:21](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3261) la vie psychique et puis de l'autre côté eu.
- [00:54:25](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3265) des aspects qui sont tout à fait simples à comprendre on va dire qui sont en lien direct tout le
- [00:54:31](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3271) monde est d'accord que la motricité est produite par certaines régions du cerveau que les émotions aussi que enfin on
- [00:54:38](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3278) a disons toute une catégorie de comportement pour utiliser ou de production de de l'humain qui sont qu'on peut ramener
- [00:54:46](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3286) avec nos connaissances actuelles des neurosciences et puis qu'il y a autre chose que la psychanalyse étudie que les mathématiques
- [00:49:54](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=2994) aussi.
- [00:54:55](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3295) a aborde qui est que la notion du langage de la langue comme ayant sa propre vie donc quelque chose
- [00:55:03](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3303) qui est d'un autre ordre et et on dit ça ça n'est pas ramenable au cerveau avec nos connaissances actuel
- [00:55:11](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3311) ma question est de se dire et celle je pense d'autres neurobiologistes c'est de dire ce qui n'est pas ramenable
- [00:55:16](https://youtu.be/cCS9vRXIin4?t=3316) au connaissance actuelle doit être ramenable à des connaissances nouvelles qui doivent émerger des neurosciences.

</details>

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<a id="resume-executif"></a>

## Résumé exécutif

L’entretien met au travail une question précise : **l’inconscient freudien peut-il être pensé comme un mode de fonctionnement du cerveau, ou faut-il maintenir une disjonction entre cerveau, langue, vivant et sujet ?**

La page inclut désormais aussi la **transcription intégrale de travail**, accessible en bloc déroulable et reliée au PDF source.

Magistretti ouvre la question depuis les neurosciences : à côté d’un régime cognitif séquentiel, binaire, temporel et dimensionnel, il pourrait exister un autre régime cérébral, non linéaire, non binaire, synchronique, sans temporalité classique, susceptible d’approcher ce que Freud a appelé l’inconscient. Ansermet reformule cette hypothèse en termes de discontinuité, de parasitisme et de fonction disjointe. Laurent accepte le terrain du dialogue, mais déplace immédiatement la question : l’inconscient ne peut pas être simplement décrit comme une **production du cerveau**.

Le cœur de l’entretien n’est donc pas une conciliation facile entre neurosciences et psychanalyse. C’est une mise en tension : le cerveau est nécessaire, mais non suffisant ; la langue est extérieure au cerveau individuel, mais elle touche le corps ; les traces existent, mais elles ne suffisent pas à penser l’inconscient ; la psychanalyse travaille moins le récit continu d’une vie que ce qui **ne fait pas récit**, ce qui **fait trou**, ce qui cristallise dans la lettre, le symptôme, le rêve, l’hallucination ou la répétition.

Formule centrale :

> **L’inconscient n’est pas une production cérébrale localisable ; il surgit dans une discontinuité où le vivant, affecté par une langue extérieure, produit des effets de trace, de lettre, de symptôme et de trou qui ne se laissent réduire ni au récit continu ni au mapping neuronal.**

Cette distinction est décisive : l’entretien ne confond pas l’**inconscient cognitif** — non-conscient fonctionnel, expérimentalement approchable — avec l’**inconscient freudien/lacanien**, lié à la langue, au signifiant, au symptôme, à la lettre et à ce qui fait trou. De même, les “deux modes du cerveau” sont une hypothèse de départ, non une identification définitive du second mode à l’inconscient freudien.

Un troisième point doit rester central : ce que Magistretti nomme provisoirement comme venant “d’ailleurs”. Cet ailleurs n’est pas un dehors mystique : il désigne l’excès de la langue, de la lettre, du nombre ou de l’inconscient freudien par rapport aux modèles actuels du vivant. Magistretti en fait l’indice d’un paradigme cérébral encore inconnu ; Laurent le rapporte à l’extériorité de la langue ; Ansermet le situe sur la ligne de crête d’une biologie de la discontinuité.


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<a id="distinctions-inconscient"></a>

## Partie spéciale : inconscient cognitif / inconscient freudien et deux modes du cerveau

Cette section explicite deux distinctions décisives de l’entretien. Elles doivent rester visibles, car elles empêchent deux confusions faciles : d’un côté, confondre le **non-conscient cognitif** avec l’**inconscient freudien** ; de l’autre, transformer l’hypothèse des **deux modes de fonctionnement du cerveau** en conclusion psychanalytique déjà acquise.

### 1. Pourquoi cette distinction est décisive

L’entretien commence par une question neuroscientifique : existe-t-il, à côté du fonctionnement cognitif classique, un autre régime du cerveau, non linéaire, non binaire, synchronique, susceptible de rejoindre l’inconscient freudien ?

Cette question est portée surtout par Pierre Magistretti et reprise par François Ansermet. Éric Laurent l’accepte comme terrain de discussion, mais il déplace immédiatement le cadre : l’inconscient freudien ne peut pas être simplement décrit comme une **production du cerveau**, ni comme une couche plus profonde du traitement cognitif.

La distinction doit donc être formulée ainsi :

> **L’inconscient cognitif relève du non-conscient fonctionnel ; l’inconscient freudien/lacanien relève du sujet affecté par la langue, le signifiant, la lettre, le symptôme et ce qui fait trou dans le récit.**

Autrement dit, le débat n’oppose pas seulement conscience et non-conscience. Il oppose deux objets théoriques différents.

### 2. Inconscient cognitif : le non-conscient fonctionnel

L’**inconscient cognitif** désigne des processus mentaux ou cérébraux qui opèrent sans accès conscient immédiat. Il est étudié par les neurosciences cognitives, la psychologie expérimentale et les sciences de la cognition.

Il peut inclure :

- la perception subliminale ;
- l’amorçage ;
- les automatismes perceptifs ou moteurs ;
- les biais attentionnels ;
- des traitements implicites de l’information ;
- certaines décisions préparées avant leur prise de conscience ;
- des apprentissages non verbalisés ;
- des calculs rapides ou routiniers du système nerveux.

Dans ce cadre, “inconscient” signifie essentiellement : **non accessible à la conscience, mais opératoire dans le traitement de l’information**.

C’est un inconscient que l’on peut souvent approcher par l’expérimentation : temps de réaction, imagerie cérébrale, protocoles de perception subliminale, mesures comportementales, tâches cognitives, modélisations computationnelles.

Sa logique principale est donc :

> **information → traitement non conscient → effet observable**

Cet inconscient est important, mais ce n’est pas l’inconscient freudien.

### 3. Inconscient freudien / lacanien : langue, symptôme, lettre, trou

L’**inconscient freudien**, tel que Laurent le défend dans l’entretien, ne désigne pas seulement un traitement mental non conscient. Il désigne une structure où le sujet est affecté par des signifiants, des traces, des mots, des scènes, des coupures, des répétitions et des marques qui ne se laissent pas intégrer dans un récit continu.

Dans la lecture lacanienne de Laurent, cet inconscient est lié à :

- la langue comme réalité extérieure au cerveau individuel ;
- le signifiant ;
- la lettre ;
- le symptôme ;
- le rêve ;
- le lapsus ;
- la répétition ;
- la jouissance ;
- le trou dans le récit ;
- les moments où le sujet “se perd de vue” ;
- ce qui ne se laisse pas réduire à une fonction adaptative.

Sa logique n’est donc pas seulement celle du traitement d’information. Elle est plutôt :

> **langue extérieure → marque subjective → discontinuité → symptôme / lettre / trou**

L’inconscient freudien n’est pas simplement “ce dont je n’ai pas conscience”. Il est ce qui insiste, se répète, se déplace, s’écrit ou fait retour dans la parole, le rêve, le corps, le symptôme ou la jouissance.

### 4. Tableau comparatif : deux inconscients à ne pas confondre

| Point de distinction | Inconscient cognitif | Inconscient freudien / lacanien |
|---|---|---|
| Définition minimale | Traitement non conscient de l’information | Structure du sujet affecté par la langue et le signifiant |
| Champ dominant | Neurosciences cognitives, psychologie expérimentale | Psychanalyse freudienne et lacanienne |
| Exemple typique | Perception subliminale, amorçage, automatisme | Rêve, lapsus, symptôme, répétition, hallucination, lettre |
| Rapport au cerveau | Continuité possible avec des circuits ou processus mesurables | Implique le cerveau, mais ne s’y réduit pas |
| Rapport à la langue | La langue peut être traitée comme information ou compétence | La langue est extérieure, transindividuelle, parasitaire |
| Mode d’observation | Expérimentation, mesure, imagerie, comportement | Clinique, parole, transfert, interprétation, écriture du symptôme |
| Temporalité | Traitement rapide, implicite, parfois préconscient | Atemporel, après-coup, répétition, retour du refoulé |
| Négation / contradiction | Peut intégrer des opérations logiques ou computationnelles | Le processus primaire ignore la contradiction et la négation classique |
| Fonction | Traitement, adaptation, anticipation, automatisme | Désadaptation possible, jouissance, symptôme, trou dans le récit |
| Modélisation | Modélisable comme processus cognitif ou neuronal | Résiste au mapping sans reste |
| Formule | “Cela se traite sans que je le sache.” | “Cela parle, insiste ou s’écrit là où le sujet ne se maîtrise pas.” |

### 5. Ce que Laurent refuse : réduire Freud au cognitif

Le point de tension principal de l’entretien est là : si l’on appelle “inconscient” tout ce qui se passe sans conscience, alors l’inconscient freudien risque d’être absorbé par l’inconscient cognitif.

Laurent refuse ce glissement.

Il ne dit pas que les neurosciences n’ont rien à dire. Il ne dit pas que le cerveau est sans importance. Il dit que l’objet “inconscient”, au sens freudien et lacanien, ne se laisse pas définir par le seul registre cérébral.

La différence peut se condenser ainsi :

> **L’inconscient cognitif traite sans conscience ; l’inconscient freudien parle, répète, déplace, troue et symptômatise.**

Cette formule doit rester au centre de la page.

### 6. Les deux modes du cerveau : hypothèse de départ

L’autre grande distinction concerne les “deux modes” ou “deux dimensions” du cerveau évoqués au début de l’entretien.

Magistretti propose de distinguer :

1. un mode **séquentiel**, **binaire**, **dimensionnel**, lié à la cognition et à l’espace-temps classique ;
2. un mode **non linéaire**, **non binaire**, **synchronique**, peut-être **a-dimensionnel**, rapproché de l’inconscient freudien.

Cette hypothèse est féconde, mais elle ne doit pas être présentée comme une conclusion stabilisée. Elle ouvre la discussion ; elle ne la ferme pas.

### 7. Tableau comparatif : les deux modes discutés

| Point de distinction | Mode cognitif / séquentiel | Mode non linéaire / synchronique / a-dimensionnel |
|---|---|---|
| Régime | Séquentiel | Synchronique |
| Logique | Binaire, opératoire, discriminante | Non binaire, associative, disjointe |
| Temporalité | Temps ordonné, étapes successives | Instant, simultanéité, après-coup, atemporalité |
| Spatialité | Dimensionnel, localisable, cartographiable | A-dimensionnel ou difficilement cartographiable |
| Objet privilégié | Cognition, perception, décision, calcul | Inconscient freudien, rêve, lettre, symptôme |
| Modèle scientifique | Neurosciences cognitives classiques | Paradigme encore à construire ou à déplacer |
| Risque conceptuel | Réduire le sujet à des fonctions | Faire de l’inconscient un second circuit caché |
| Position de Magistretti | Chercher un autre mode cérébral possible | Ouvrir de nouveaux paradigmes neuroscientifiques |
| Position de Laurent | Accepter la question comme provocation | Refuser que l’inconscient soit seulement un mode cérébral |

### 8. A-dimension : trois sens à distinguer

Le terme **a-dimensionnel** peut produire une confusion. Dans l’entretien, il faut distinguer au moins trois niveaux.

#### a. A-dimension comme hypothèse neuroscientifique

Dans la bouche de Magistretti, l’a-dimensionnel désigne un fonctionnement qui ne se laisse pas réduire aux coordonnées habituelles des neurosciences cognitives : séquence, localisation, temps linéaire, opérations binaires.

Il s’agit d’une question adressée aux neurosciences : comment penser un mode cérébral qui ne fonctionnerait pas selon les schémas classiques du traitement cognitif ?

#### b. A-dimension comme propriété freudienne de l’inconscient

Du côté freudien, l’a-dimension renvoie au processus primaire : absence de contradiction, absence de négation, temporalité non linéaire, déplacement, condensation, retour du refoulé, après-coup.

Ici, l’a-dimension n’est pas d’abord une propriété du cerveau ; c’est une propriété de la logique inconsciente.

#### c. Dimension de la lettre chez Lacan

Laurent déplace encore le problème : quand Magistretti parle d’a-dimension, Laurent répond en introduisant la **dimension de la lettre**.

La lettre n’est pas une dimension cérébrale supplémentaire. Elle désigne un régime d’écriture, de marque, de coupure, de déchiffrement. Elle peut surgir dans le rêve, dans l’hallucination, dans le symptôme ou dans une certitude qui s’impose au sujet.

La distinction est donc essentielle :

> **L’a-dimension cérébrale est une hypothèse neuroscientifique ; l’a-temporalité freudienne est une logique de l’inconscient ; la lettre lacanienne est un régime d’écriture du signifiant.**

### 9. Le piège : croire que le second mode cérébral “est” l’inconscient freudien

L’entretien devient intéressant précisément parce que Laurent ne valide pas simplement l’équation :

> second mode du cerveau = inconscient freudien

Cette équation serait trop simple.

Elle permettrait aux neurosciences de dire : nous avons trouvé l’inconscient freudien sous forme de processus non linéaire. Mais Laurent maintient que l’inconscient freudien ne relève pas seulement d’une autre dynamique interne du cerveau. Il suppose l’extériorité de la langue, l’effet du signifiant, la marque du corps parlant, la répétition et la clinique du trou.

La bonne formule est donc :

> **Le second mode cérébral peut ouvrir une question vers l’inconscient freudien ; il ne suffit pas à le définir.**

### 10. Schéma d’articulation

On peut résumer l’entretien par un schéma en trois étages :

```text
1. Neurosciences cognitives
   → cognition, perception, traitement implicite, inconscient cognitif

2. Hypothèse Magistretti / Ansermet
   → un autre mode cérébral, non linéaire, synchronique, disjoint

3. Déplacement Laurent
   → langue extérieure, signifiant, lettre, symptôme, trou, fonction disjointe
```

Ce schéma évite de confondre les niveaux. Le premier niveau relève du non-conscient fonctionnel. Le second ouvre une hypothèse neuroscientifique. Le troisième maintient l’inconscient freudien/lacanien comme effet de langue et de discontinuité subjective.

### 11. Formules synthétiques à retenir

- L’inconscient cognitif est du non-conscient fonctionnel ; l’inconscient freudien est du sujet troué par la langue.
- Le non-conscient cognitif traite ; l’inconscient freudien insiste.
- Le premier peut être mesuré par protocoles ; le second se lit dans la clinique.
- Le premier relève du traitement implicite ; le second relève du signifiant, du symptôme et de la répétition.
- Les deux modes du cerveau sont une hypothèse de départ, non une conclusion totale.
- L’a-dimension cérébrale ne se confond pas avec la dimension lacanienne de la lettre.
- Le second mode cérébral peut ouvrir vers Freud ; il ne remplace pas Freud.
- La fonction disjointe nomme l’écart entre ces niveaux.

### 12. Formule finale de la section

> **L’entretien ne cherche pas à choisir entre cerveau et inconscient. Il montre que l’inconscient cognitif, les modes cérébraux non linéaires et l’inconscient freudien appartiennent à trois niveaux différents : traitement non conscient, hypothèse neurobiologique, structure du sujet parlant. La fonction disjointe sert précisément à tenir ces niveaux ensemble sans les confondre.**


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<a id="ailleurs-vivant"></a>

## Partie spéciale : ce qui “vient d’ailleurs” et échappe au vivant

Cette section isole un point crucial de l’entretien : ce que Magistretti appelle provisoirement un **“ailleurs”**, ou ce qui semble **échapper aux lois du vivant ou de la physique** lorsqu’on parle de langue, de lettre, de parole, de nombre, d’objet mathématique ou d’inconscient freudien.

Le passage est décisif parce qu’il met en scène le point de tension maximal entre les trois interlocuteurs. Il ne s’agit plus seulement de distinguer deux inconscients ou deux modes cérébraux. Il s’agit de savoir comment penser ce qui, dans l’humain parlant, **dépasse le fonctionnement biologique ordinaire** sans le transformer en mystère religieux, métaphysique ou dualiste.

### 1. Le point de départ : “ça vient d’ailleurs”

Magistretti formule le problème de manière volontairement tendue : lorsqu’on prend la lettre, la langue, la parole ou les mathématiques, on peut avoir l’impression qu’il y a quelque chose qui **échappe aux lois du vivant ou de la physique**. C’est ce qu’il nomme, de façon provisoire, comme venant “d’ailleurs”.

Mais cet “ailleurs” ne doit pas être compris comme un autre monde substantiel. Magistretti ne dit pas que la langue, la lettre ou l’inconscient viennent d’un au-delà mystique. Il dit plutôt : avec les outils actuels des neurosciences cognitives, nous ne savons pas encore comment penser cela.

Son hypothèse est donc programmatique :

> **Ce qui semble venir d’ailleurs pourrait correspondre à un autre mode de fonctionnement du cerveau que les neurosciences actuelles ne connaissent pas encore.**

L’“ailleurs” n’est pas une solution. C’est un nom provisoire donné à une insuffisance du paradigme actuel.

### 2. Ce qui échappe au vivant : langue, lettre, nombre

Ce qui échappe au vivant n’est pas d’abord un objet surnaturel. Ce sont des réalités humaines qui ne se laissent pas déduire directement de la survie biologique :

- la langue ;
- la lettre ;
- l’écriture ;
- le nombre ;
- les objets mathématiques ;
- les lois du signifiant ;
- les rêves ;
- les symptômes ;
- les hallucinations ;
- les certitudes qui s’imposent au sujet ;
- les marques qui ne se laissent pas intégrer dans un récit continu.

Ces réalités touchent le vivant, mais elles ne semblent pas venir simplement du vivant. Elles affectent le cerveau et le corps, mais elles ne se présentent pas comme de simples fonctions adaptatives.

On peut donc formuler le problème ainsi :

> **Le vivant porte ces phénomènes, mais il ne les explique pas entièrement.**

### 3. La position de Laurent : la langue est extérieure au cerveau individuel

Laurent répond à la question de l’ailleurs par l’exemple de la langue. La langue n’est pas simplement dans le cerveau de chacun. Elle est extérieure, collective, déjà là, socialement partagée. Le cerveau est nécessaire pour parler, entendre, lire ou écrire, mais il ne contient pas la langue comme totalité.

Cette extériorité de la langue est décisive : elle donne un modèle pour penser l’inconscient freudien. L’inconscient n’est pas seulement un dedans cérébral. Il relève d’une extériorité symbolique qui vient marquer le vivant.

Dans cette perspective, ce qui “vient d’ailleurs” signifie :

> **cela vient de la langue comme dehors incorporé, non d’un au-delà métaphysique.**

La langue est dehors, mais elle entre dans le corps. Elle est collective, mais elle marque singulièrement un sujet. Elle précède l’individu, mais elle se noue à sa mémoire, à ses affects, à ses symptômes et à ses choix.

### 4. La position de Magistretti : un ailleurs provisoire, pas un mystère

Magistretti refuse de laisser cet ailleurs devenir une zone intouchable. Son geste est scientifique : ce qui échappe aux connaissances actuelles devrait pouvoir devenir l’objet de connaissances nouvelles.

Il reconnaît qu’il existe des dimensions qui ne sont pas ramenables aux neurosciences cognitives telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui. Mais il ne veut pas conclure que ces dimensions sont définitivement hors cerveau ou hors science.

Sa position peut être résumée ainsi :

> **Ce qui n’est pas ramenable aux neurosciences actuelles pourrait devenir ramenable à des neurosciences futures, à condition de transformer les paradigmes.**

L’“ailleurs” magistrettien est donc un **ailleurs épistémique** : il nomme l’écart entre ce que les neurosciences savent actuellement penser et ce qu’elles devront peut-être apprendre à penser.

### 5. La position d’Ansermet : ligne de crête, discontinuité, colonisation

Ansermet occupe une position d’interface. Il ne réduit pas l’ailleurs à un futur objet neuroscientifique, mais il ne le place pas non plus dans une extériorité absolue.

Il parle d’une ligne de crête entre deux mondes : le vivant et le langage, le cerveau et la langue, la trace biologique et la trace psychique, l’inscription neuronale et l’écriture signifiante.

À ce niveau, l’“ailleurs” devient une question de **discontinuité** :

- un monde vient coloniser un autre ;
- la langue parasite le vivant ;
- le vivant parasite la langue ;
- le cerveau reconstruit au lieu de refléter ;
- la perte d’information ouvre une zone d’interprétation ;
- la trace ne suffit plus, il faut penser la lettre.

Ansermet donne donc à l’ailleurs une forme dynamique :

> **l’ailleurs est l’effet d’une interface discontinue où vivant et langage se transforment réciproquement.**

### 6. Tableau comparatif : trois lectures de l’“ailleurs”

| Interlocuteur | Ce que désigne l’“ailleurs” | Risque évité | Formule synthétique |
|---|---|---|---|
| Magistretti | Ce qui échappe aux neurosciences cognitives actuelles, mais pourrait relever d’un mode cérébral encore inconnu | Mystifier ce qui n’est pas encore expliqué | “Nous n’avons pas encore le bon paradigme cérébral.” |
| Laurent | L’extériorité de la langue, de la lettre, du nombre et du signifiant par rapport au vivant biologique | Réduire l’inconscient à une production du cerveau | “La langue est dehors, mais elle marque le vivant.” |
| Ansermet | La ligne de crête entre deux mondes, la biologie de la discontinuité, le double parasitisme | Séparer radicalement cerveau et langage | “Un monde colonise l’autre dans une discontinuité.” |

### 7. Ce qui échappe au vivant sans devenir surnaturel

Le point le plus subtil est là : ce qui échappe au vivant n’est pas forcément surnaturel. Cela peut être **transbiologique** sans être métaphysique.

Le nombre, par exemple, n’est pas un organe. La lettre n’est pas un circuit neuronal. La langue n’est pas une sécrétion du cerveau. Mais ces réalités affectent pourtant le vivant. Elles s’inscrivent dans les corps, organisent des pratiques, produisent des symptômes, des savoirs, des œuvres, des décisions et des formes de vie.

On peut alors distinguer :

| Niveau | Ce qu’il ne faut pas dire | Formulation plus juste |
|---|---|---|
| Biologique | “Tout vient du cerveau.” | Le cerveau rend possible certaines opérations, mais ne contient pas tout l’ordre symbolique. |
| Métaphysique | “Cela vient d’un autre monde.” | L’ailleurs désigne un excès structural ou épistémique, pas une substance séparée. |
| Psychanalytique | “L’inconscient est seulement du non-conscient.” | L’inconscient est effet de langue, de marque, de répétition, de lettre et de trou. |
| Neuroscientifique | “Ce qui échappe aujourd’hui échappe toujours.” | Ce qui échappe aux modèles actuels peut appeler de nouveaux paradigmes. |

### 8. Langue, nombre, mathématiques : le cas des objets non vivants

Laurent insiste particulièrement sur les objets mathématiques. Un objet mathématique peut être infini, parfait, transmissible, indépendant d’un organisme vivant particulier. Le vivant n’est ni infini ni parfait. Le corps humain ne contient pas “naturellement” les objets mathématiques comme il contient des organes.

La question devient alors :

> Comment un vivant fini peut-il être touché par des objets symboliques, logiques ou mathématiques qui excèdent les propriétés du vivant ?

Il ne s’agit pas de devenir platonicien au sens naïf, comme si les nombres habitaient un ciel séparé. Il s’agit de reconnaître qu’un mode d’écriture peut toucher le vivant sans se réduire à lui.

C’est exactement le problème de la lettre chez Lacan : la lettre n’est pas une chose biologique, mais elle produit des effets dans le corps parlant.

### 9. L’ailleurs et la lettre : déplacement lacanien

Quand Magistretti demande comment un cerveau dimensionnel pourrait produire de l’a-dimensionnel, Laurent répond en déplaçant la question vers la **dimension de la lettre**.

La lettre est ici un opérateur essentiel. Elle n’est pas seulement un signe écrit. Elle est ce qui marque, coupe, insiste, se déchiffre, surgit parfois dans le rêve ou dans l’hallucination.

Ce déplacement est décisif :

- Magistretti cherche un autre mode cérébral ;
- Laurent introduit un autre régime d’écriture ;
- Ansermet cherche la ligne de discontinuité où ces deux plans se rencontrent.

L’“ailleurs” devient donc le point où la question cérébrale rencontre la question de l’écriture.

### 10. L’ailleurs et le symptôme

Le symptôme permet de comprendre pourquoi cet ailleurs n’est pas abstrait. Il ne s’agit pas d’un débat spéculatif sur la langue ou le nombre. Ce qui vient d’ailleurs se manifeste dans la vie du sujet : un mot reçu, une scène, une phrase, une honte, une injonction, une hallucination, un rêve, un nom, une lettre, une certitude.

Le symptôme est précisément ce lieu où quelque chose d’extérieur au vivant biologique vient pourtant se loger dans le vivant.

On pourrait dire :

> **Le symptôme est une preuve clinique que la langue ne reste pas dehors : elle entre dans le corps et y fait événement.**

Ce point relie directement l’ailleurs au double parasitisme. La langue parasite le vivant, mais le vivant lui-même réemploie, tord, affecte et symptomatise la langue.

### 11. L’ailleurs n’est pas une échappatoire

Il faut éviter une lecture faible du mot “ailleurs”. L’ailleurs ne doit pas servir à dire : “on ne comprend pas, donc c’est hors science”. Ce serait exactement ce que Magistretti refuse.

Mais l’ailleurs ne doit pas non plus être neutralisé trop vite par une promesse de future explication neuroscientifique. Ce serait ce que Laurent conteste.

L’entretien tient les deux exigences :

- ne pas mystifier ce qui échappe ;
- ne pas réduire trop vite ce qui excède les modèles disponibles.

C’est pourquoi l’ailleurs fonctionne comme une **zone de tension**, non comme une réponse.

### 12. Formule centrale

> **L’“ailleurs” de Magistretti n’est pas un dehors mystique ; c’est le nom provisoire d’un excès. Quelque chose dans la langue, la lettre, le nombre ou l’inconscient freudien échappe aux modèles actuels du vivant et des neurosciences cognitives. Magistretti cherche un paradigme cérébral encore inconnu ; Laurent déplace la question vers l’extériorité de la langue et la lettre ; Ansermet situe le problème sur la ligne de crête d’une biologie de la discontinuité.**

### 13. Schéma de synthèse

```text
Ce qui semble venir “d’ailleurs”
        │
        ├── Magistretti
        │   └── limite actuelle des neurosciences → paradigme cérébral futur ?
        │
        ├── Laurent
        │   └── extériorité de la langue → lettre, signifiant, nombre
        │
        └── Ansermet
            └── interface discontinue → double parasitisme vivant / langage
```

### 14. Formules réutilisables

- L’ailleurs n’est pas un au-delà ; c’est un excès de niveau.
- Ce qui échappe au vivant peut toucher le vivant sans venir du vivant.
- La langue n’est pas dans le cerveau comme un organe ; elle traverse le cerveau comme un dehors incorporé.
- Le nombre n’est pas biologique, mais il peut affecter un vivant parlant.
- Le symptôme est le point où la langue extérieure devient événement de corps.
- Magistretti cherche le cerveau encore inconnu ; Laurent répond par la langue déjà dehors ; Ansermet tient la ligne de crête entre les deux.
- L’ailleurs est épistémique chez Magistretti, structural chez Laurent, dynamique chez Ansermet.
- La fonction disjointe sert à tenir cet écart sans le transformer en mystère ni en réduction.

### 15. Formule finale de la section

> **Ce qui “vient d’ailleurs” désigne le point où le vivant rencontre ce qu’il ne produit pas entièrement : la langue, la lettre, le nombre, le signifiant, le symptôme. L’entretien ne tranche pas ce point ; il le tient comme discontinuité active entre cerveau inconnu, dehors symbolique et corps parlant.**


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<a id="auteurs-ouvrages"></a>

## Auteurs, ouvrages et repères visuels

## Auteurs clés

### Éric Laurent

<figure class="author-thumb" style="margin:1rem 0 1.25rem 0;max-width:168px;">
  <a href="/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/authors/eric-laurent-video-cover.png" target="_blank" rel="noopener" title="Agrandir l’image">
    <img src="/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/authors/eric-laurent-video-cover.png" alt="Éric Laurent — extrait de l’entretien Fondation Agalma" loading="lazy" style="width:168px;max-width:100%;height:auto;border-radius:14px;display:block;box-shadow:0 8px 28px rgba(0,0,0,.28);border:1px solid rgba(255,255,255,.16);" />
  </a>
  <figcaption style="font-size:.82rem;opacity:.72;margin-top:.35rem;">Éric Laurent — extrait vidéo, cliquer pour agrandir</figcaption>
</figure>

Psychanalyste français, ancien président de la **World Association of Psychoanalysis**, Éric Laurent travaille notamment sur le rapport entre psychanalyse, sciences cognitives, neurosciences, évaluation clinique, politique de l’autisme et dernier enseignement de Lacan. Dans le cadre de cet entretien, il intervient comme interlocuteur principal sur la question de l’inconscient, de la langue, de la trace et de la fonction disjointe.

**Liens cliquables**
- [Vidéo de l’entretien Agalma](https://www.youtube.com/watch?v=cCS9vRXIin4)
- [Notice sur *Lost in Cognition* (Œdipe)](https://www.oedipe.org/livre/lost-cognition)
- [Notice éditeur anglaise — Routledge](https://www.routledge.com/Lost-in-Cognition-Psychoanalysis-and-the-Cognitive-Sciences/Laurent/p/book/9781782200888)
- [Bibliographie / textes en anglais](https://lacanianworksexchange.net/eric-laurent)
- [Notice biographique complémentaire](https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Laurent_%28psychoanalyst%29)

**Source de l’image**
- Extrait fixe issu de la [vidéo de l’entretien Agalma](https://www.youtube.com/watch?v=cCS9vRXIin4).

### François Ansermet

<figure class="author-thumb" style="margin:1rem 0 1.25rem 0;max-width:168px;">
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    <img src="/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/authors/francois-ansermet-epfl.png" alt="François Ansermet — portrait EPFL" loading="lazy" style="width:168px;max-width:100%;height:auto;border-radius:14px;display:block;box-shadow:0 8px 28px rgba(0,0,0,.28);border:1px solid rgba(255,255,255,.16);" />
  </a>
  <figcaption style="font-size:.82rem;opacity:.72;margin-top:.35rem;">François Ansermet — cliquer pour agrandir</figcaption>
</figure>

Psychanalyste et pédopsychiatre, François Ansermet a dirigé le Département universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux HUG et a développé un travail de long terme sur la singularité, la plasticité, les traces, la périnatalité et les articulations entre neurosciences et psychanalyse. Il est, avec Pierre Magistretti, l’un des interlocuteurs majeurs de la Fondation Agalma.

**Liens cliquables**
- [Article EPFL sur François Ansermet](https://actu.epfl.ch/news/francois-ansermet-appointed-to-the-french-committe/)
- [Notice du livre *À chacun son cerveau*](https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/a-chacun-son-cerveau_9782738115324.php)
- [Notice Cairn de *À chacun son cerveau*](https://stm.cairn.info/a-chacun-son-cerveau--9782738115324?lang=fr)
- [Ressource complémentaire : « Neurosciences et psychanalyse »](https://www.pontfreudien.org/content/fran%C3%A7ois-ansermet-neurosciences-et-psychanalyse)

**Source de l’image**
- [EPFL News — François Ansermet appointed to the French Committee of Ethics](https://actu.epfl.ch/news/francois-ansermet-appointed-to-the-french-committe/).

### Pierre Magistretti

<figure class="author-thumb" style="margin:1rem 0 1.25rem 0;max-width:168px;">
  <a href="/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/authors/pierre-magistretti-epfl.png" target="_blank" rel="noopener" title="Agrandir l’image">
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  </a>
  <figcaption style="font-size:.82rem;opacity:.72;margin-top:.35rem;">Pierre Magistretti — cliquer pour agrandir</figcaption>
</figure>

Médecin et neuroscientifique, Pierre J. Magistretti est une figure importante des neurosciences contemporaines, notamment par ses travaux sur le métabolisme énergétique cérébral, les astrocytes, la plasticité et les conditions biologiques de l’activité psychique. Dans l’entretien, il porte le versant neuroscientifique du dialogue, sans rabattre la psychanalyse sur la seule physiologie.

**Liens cliquables**
- [Profil EPFL](https://people.epfl.ch/pierre.magistretti)
- [Biographie au Collège de France](https://www.college-de-france.fr/en/chair/pierre-magistretti-international-chair-annual-chair/biography)
- [Notice du livre *À chacun son cerveau*](https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/a-chacun-son-cerveau_9782738115324.php)
- [Notice de *Neurosciences et psychanalyse*](https://bsf.spp.asso.fr/index.php?id=107922&lvl=notice_display)

**Source de l’image**
- [EPFL People Directory — Pierre Magistretti](https://people.epfl.ch/pierre.magistretti)

### Sigmund Freud

<figure class="author-thumb" style="margin:1rem 0 1.25rem 0;max-width:168px;">
  <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Sigmund%20Freud%2C%20by%20Max%20Halberstadt%20%28cropped%29.jpg" target="_blank" rel="noopener" title="Agrandir l’image">
    <img src="https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Sigmund%20Freud%2C%20by%20Max%20Halberstadt%20%28cropped%29.jpg" alt="Sigmund Freud — portrait par Max Halberstadt" loading="lazy" style="width:168px;max-width:100%;height:auto;border-radius:14px;display:block;box-shadow:0 8px 28px rgba(0,0,0,.28);border:1px solid rgba(255,255,255,.16);" />
  </a>
  <figcaption style="font-size:.82rem;opacity:.72;margin-top:.35rem;">Sigmund Freud — cliquer pour agrandir</figcaption>
</figure>

Fondateur de la psychanalyse, Freud constitue l’arrière-plan conceptuel décisif de l’entretien : théorie du rêve, processus primaire, mémoire, inscription, bloc magique, esquisse d’une psychologie scientifique, au-delà du principe de plaisir.

**Liens cliquables**
- [Notice biographique](https://en.wikipedia.org/wiki/Sigmund_Freud)
- [*L’Interprétation du rêve* — notice PUF](https://www.puf.com/linterpretation-du-reve)
- [Texte numérisé : *L’Interprétation des rêves*](https://classiques.uqam.ca/collection_methodologie/freud_sigmund/freud_expression_du_moi/freud_expression_du_moi_texte.html)

**Source de l’image**
- [Wikimedia Commons](https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sigmund_Freud,_by_Max_Halberstadt_(cropped).jpg)

### Jacques Lacan

<figure class="author-thumb" style="margin:1rem 0 1.25rem 0;max-width:168px;">
  <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Jacques%20Lacan%20ironie.jpg" target="_blank" rel="noopener" title="Agrandir l’image">
    <img src="https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Jacques%20Lacan%20ironie.jpg" alt="Jacques Lacan — portrait" loading="lazy" style="width:168px;max-width:100%;height:auto;border-radius:14px;display:block;box-shadow:0 8px 28px rgba(0,0,0,.28);border:1px solid rgba(255,255,255,.16);" />
  </a>
  <figcaption style="font-size:.82rem;opacity:.72;margin-top:.35rem;">Jacques Lacan — cliquer pour agrandir</figcaption>
</figure>

Psychanalyste français, lecteur et refondateur de Freud, Lacan est ici essentiel pour penser la lettre, le signifiant, l’extériorité de la langue, l’écriture, les nœuds et le déplacement de la trace vers la lettre. L’entretien s’inscrit clairement dans cette orientation.

**Liens cliquables**
- [Notice biographique](https://en.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lacan)
- [Notice générale des *Écrits*](https://www.seuil.com/ouvrage/ecrits-jacques-lacan/9782020025881)
- [« L’instance de la lettre dans l’inconscient » — repère de lecture](https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Instance_de_la_lettre_dans_l%27inconscient_ou_la_raison_depuis_Freud)

**Source de l’image**
- [Wikimedia Commons](https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jacques_Lacan_ironie.jpg)


### Repères secondaires cités ou mobilisables

Ces noms ne structurent pas la page comme les cinq auteurs ci-dessus, mais ils appartiennent au champ conceptuel de l’entretien ou à ses arrière-plans scientifiques et épistémologiques.

- [Noam Chomsky](https://en.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky) — repère pour la critique du behaviorisme et la question de la langue.
- [Eric Kandel](https://en.wikipedia.org/wiki/Eric_Kandel) — repère neuroscientifique majeur pour mémoire, plasticité et trace synaptique.
- [Hermann von Helmholtz](https://en.wikipedia.org/wiki/Hermann_von_Helmholtz) — arrière-plan physiologique et scientifique du jeune Freud.
- [Ludwig Boltzmann](https://en.wikipedia.org/wiki/Ludwig_Boltzmann) — arrière-plan physique et épistémologique évoqué autour du contexte de Freud.
- [Werner Heisenberg](https://en.wikipedia.org/wiki/Werner_Heisenberg) — repère pour le déplacement moderne de la causalité classique.
- [Erwin Schrödinger](https://en.wikipedia.org/wiki/Erwin_Schr%C3%B6dinger) — repère pour les paradoxes de la physique moderne.
- [Benoît Mandelbrot](https://en.wikipedia.org/wiki/Benoit_Mandelbrot) — repère pour les fractales et les déterminations non linéaires.
- [John Nash](https://en.wikipedia.org/wiki/John_Forbes_Nash_Jr.) — repère évoqué par Laurent autour de la certitude mathématique et de l’hallucination.
- [Catherine Malabou](https://en.wikipedia.org/wiki/Catherine_Malabou) — repère contemporain sur plasticité, trace et subjectivité.


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## Ouvrages directement liés à l’entretien

### *Lost in Cognition. Psychoanalysis and the Cognitive Sciences* — Éric Laurent

![Lost in Cognition — couverture](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/lost-in-cognition.png)

Ouvrage central pour cette page : c’est le point d’appui initial de l’entretien. Laurent y interroge le paradigme cognitiviste, la place des neurosciences, l’inscription du sujet et les limites d’une réduction de la psychanalyse au traitement de l’information.

**Liens cliquables**
- [Notice éditeur — Routledge](https://www.routledge.com/Lost-in-Cognition-Psychoanalysis-and-the-Cognitive-Sciences/Laurent/p/book/9781782200888)
- [Notice française — Œdipe](https://www.oedipe.org/livre/lost-cognition)
- [Version Taylor & Francis eBooks](https://www.taylorfrancis.com/books/mono/10.4324/9780429476860/lost-cognition-eric-laurent-adrian-price)

**Source de l’image**
- [Image repérée via NoSubject](https://nosubject.com/images/thumb/8/89/Eric-laurent-lost-in-cognition-psychoanalysis-and-cognitive-sciences-theoryleaks-199x300.jpg/)

### *À chacun son cerveau. Plasticité neuronale et inconscient* — François Ansermet & Pierre Magistretti

![À chacun son cerveau — couverture](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/a-chacun-son-cerveau.png)

Livre majeur du dialogue entre psychanalyse et neurosciences. Il développe la notion de plasticité neuronale et propose un cadre de discussion où le cerveau n’est ni un destin clos ni un simple support indifférent, mais un champ de transformations singulières.

**Liens cliquables**
- [Notice éditeur — Odile Jacob](https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/a-chacun-son-cerveau_9782738115324.php)
- [Notice Cairn](https://stm.cairn.info/a-chacun-son-cerveau--9782738115324?lang=fr)
- [Notice Fnac](https://www.fnac.com/a3418540/Francois-Ansermet-A-chacun-son-cerveau)

**Source de l’image**
- [Couverture Odile Jacob](https://s1.odilejacob.fr/couvertures/9782738115324.jpg)

### *Neurosciences et psychanalyse. Une rencontre autour de la singularité* — sous la direction de Pierre Magistretti et François Ansermet

![Neurosciences et psychanalyse — couverture](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/neurosciences-et-psychanalyse.png)

Recueil important pour prolonger le type de questionnement exposé dans l’entretien : singularité, trace, plasticité, représentation, homéostasie, pulsion, mémoire, inconscient. Il élargit le dialogue à d’autres auteurs et à un espace plus collectif de confrontation.

**Liens cliquables**
- [Notice bibliographique détaillée](https://bsf.spp.asso.fr/index.php?id=107922&lvl=notice_display)
- [Compte rendu / notice bibliographique sur Cairn](https://shs.cairn.info/article/PSYS_102_0104c/pdf?lang=fr)
- [Fiche librairie avec ISBN et données éditoriales](https://www.lacompagniedeslivres.com/livre/1178337-neurosciences-et-psychanalyse-travaux-du-college-de-france-pierre-magistretti-francois-magistretti-odile-jacob)

**Source de l’image**
- [Couverture Odile Jacob](https://s1.odilejacob.fr/couvertures/9782738124159.jpg)

### *Les Énigmes du plaisir. Entre psychanalyse et neurosciences* — François Ansermet & Pierre Magistretti

![Les Énigmes du plaisir — couverture](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/les-enigmes-du-plaisir.png)

Cet ouvrage prolonge utilement l’entretien en déplaçant la discussion vers le plaisir, le déplaisir, l’addiction, la destruction, l’ennui et la dépression. Il permet d’élargir l’horizon freudien de l’« au-delà du principe de plaisir » dans un dialogue soutenu avec les neurosciences.

**Liens cliquables**
- [Notice éditeur — Odile Jacob](https://www.odilejacob.fr/catalogue/medecine/neurologie/enigmes-du-plaisir_9782738123237.php)
- [Notice Cairn](https://stm.cairn.info/les-enigmes-du-plaisir--9782738123237?lang=fr)
- [Notice Fnac](https://www.fnac.com/a2815174/Francois-Ansermet-Les-Enigmes-du-plaisir)

**Source de l’image**
- [Couverture Odile Jacob](https://s1.odilejacob.fr/couvertures/9782738123237.jpg)


### *L’Interprétation du rêve* — Sigmund Freud

[![L’Interprétation du rêve — couverture PUF](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/interpretation-du-reve-puf.png)](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/interpretation-du-reve-puf.png)

Ouvrage fondateur pour comprendre le rêve, le travail du rêve, la condensation, le déplacement, le processus primaire et l’articulation entre désir, inconscient et récit. Dans l’entretien, il fournit l’arrière-plan freudien de l’absence de contradiction, de la temporalité propre de l’inconscient et de la logique du rêve.

**Liens cliquables**
- [Notice PUF](https://www.puf.com/linterpretation-du-reve)
- [Notice encyclopédique](https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Interpr%C3%A9tation_du_r%C3%AAve)
- [Texte numérisé — Classiques des sciences sociales](https://classiques.uqam.ca/collection_methodologie/freud_sigmund/freud_expression_du_moi/freud_expression_du_moi_texte.html)

**Source de l’image**
- [PUF — fiche de l’ouvrage](https://www.puf.com/linterpretation-du-reve)

### *Écrits* — Jacques Lacan

[![Écrits — Jacques Lacan — couverture Seuil](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/ecrits-lacan-seuil.png)](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/ecrits-lacan-seuil.png)

Recueil majeur de Lacan, publié au Seuil, qui donne le cadre de plusieurs notions indispensables pour lire l’entretien : signifiant, lettre, inconscient structuré comme un langage, instance de la lettre, retour à Freud et déplacement de l’inscription vers l’écriture.

**Liens cliquables**
- [Notice Seuil](https://www.seuil.com/ouvrage/ecrits-jacques-lacan/9782020025881)
- [Notice encyclopédique](https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89crits)
- [Repère : « L’instance de la lettre dans l’inconscient »](https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Instance_de_la_lettre_dans_l%27inconscient_ou_la_raison_depuis_Freud)

**Source de l’image**
- [Éditions du Seuil — fiche de l’ouvrage](https://www.seuil.com/ouvrage/ecrits-jacques-lacan/9782020025881)

### *Projet d’une psychologie scientifique* / *Esquisse d’une psychologie scientifique* — Sigmund Freud

[![Esquisse d’une psychologie scientifique — couverture / repère bibliographique](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/esquisse-freud.png)](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/esquisse-freud.png)

Texte inachevé de Freud, écrit entre 1895 et 1896 et publié plus tardivement dans le contexte de la correspondance avec Wilhelm Fliess. Dans l’entretien, il sert d’arrière-plan lorsque Laurent rappelle le Freud encore pris dans un horizon neurophysiologique et énergétique.

**Liens cliquables**
- [Notice encyclopédique](https://fr.wikipedia.org/wiki/Esquisse_d%27une_psychologie_scientifique)
- [Repère Freud — notice biographique](https://en.wikipedia.org/wiki/Sigmund_Freud)

**Source de l’image**
- [Wikimedia Commons — portrait Freud par Max Halberstadt](https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sigmund_Freud,_by_Max_Halberstadt_(cropped).jpg)

### « Note sur le bloc magique » — Sigmund Freud

[![Bloc-notes magique — couverture / repère conceptuel](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/bloc-magique-freud.png)](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/agalma_assets/books/bloc-magique-freud.png)

Texte court important pour le paradigme de l’inscription, de la surface, de la trace et de l’effacement. Laurent s’en sert indirectement comme point de contraste : le déplacement lacanien consiste à ne pas réduire l’inconscient à une impression sur une surface, mais à penser une écriture.

**Liens cliquables**
- [Notice sur le bloc-notes magique](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc-notes_magique)
- [Repère Freud — notice biographique](https://en.wikipedia.org/wiki/Sigmund_Freud)

**Source de l’image**
- [Wikimedia Commons — portrait Freud par Max Halberstadt](https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sigmund_Freud,_by_Max_Halberstadt_(cropped).jpg)


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## Textes de référence supplémentaires

Ces textes sont importants pour la lecture de l’entretien, même lorsqu’ils n’ont pas été présentés ici sous forme de couverture unique ou d’édition visuelle particulière.

- [Sigmund Freud — *Projet d’une psychologie scientifique* / *Esquisse d’une psychologie scientifique*](https://fr.wikipedia.org/wiki/Esquisse_d%27une_psychologie_scientifique)
- [Sigmund Freud — « Note sur le bloc magique »](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc-notes_magique)
- [Sigmund Freud — *L’Interprétation du rêve*](https://www.puf.com/linterpretation-du-reve)
- [Jacques Lacan — *Écrits*](https://www.seuil.com/ouvrage/ecrits-jacques-lacan/9782020025881)
- [Jacques Lacan — « L’instance de la lettre dans l’inconscient »](https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Instance_de_la_lettre_dans_l%27inconscient_ou_la_raison_depuis_Freud)

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## Carte rapide de l’entretien

| Axe | Question | Déplacement produit par l’entretien |
|---|---|---|
| Cerveau | Existe-t-il deux modes de fonctionnement cérébral ? | L’hypothèse neuroscientifique devient un problème de discontinuité. |
| Inconscient | Peut-il être une production du cerveau ? | Laurent refuse la continuité production → fonction → localisation. |
| Langue | Où est la langue ? | Elle est largement extérieure au cerveau individuel. |
| Perception | Le cerveau reflète-t-il le monde ? | Non : il perd, reconstruit, remplit, interprète. |
| Mémoire | La trace sert-elle l’adaptation ? | La mémorisation freudienne recueille aussi ce qui empêche de vivre en rond. |
| Parasitisme | Qui parasite qui ? | La langue parasite le vivant ; le vivant parasite la langue. |
| Émergence | L’inconscient est-il émergent ? | Peut-être au sens faible de l’imprédictible ; non au sens d’une production neuronale continue. |
| Lettre | Que devient la trace ? | Elle se déplace vers l’écriture, le nœud, la lettre. |
| Clinique | Que fait la psychanalyse ? | Elle travaille ce qui ne fait pas récit, ce qui fait trou. |
| Ailleurs | Qu’est-ce qui échappe au vivant ? | Langue, lettre, nombre et signifiant touchent le vivant sans se réduire au vivant. |

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<a id="compte-rendu-gemini"></a>

## Compte rendu Gemini intégré

<details>
<summary><strong>Déplier le compte rendu Gemini fourni</strong></summary>

Voici un compte rendu Gemini très détaillé et précis de la vidéo "Fondation Agalma - Entretien avec Eric Laurent" (avec la participation des neuroscientifiques Pierre Magistretti et François Ansermet) [01:14].

Cet entretien croisé explore les zones de convergence, de divergence et de dialogue épistémologique entre les neurosciences et la psychanalyse, notamment autour du concept d'inconscient, de langage et de plasticité cérébrale.

### 1. La thèse de départ : Deux modes de fonctionnement du cerveau ? [01:36]

Les intervenants ouvrent la discussion en questionnant l'existence de deux dynamiques cérébrales distinctes :

**Un mode séquentiel et binaire** : propre à la cognition, régi par le temps et l'espace, qui constitue l'objet d'étude standard des neurosciences contemporaines [01:47].

**Un mode hors-dimensionnel et hors-temps** : caractérisé par la synchronie, l'immédiateté et l'absence de négation, qui correspondrait à l'inconscient freudien [02:11].

L'enjeu est de savoir si la psychanalyse peut enseigner ou indiquer une voie de recherche aux neurosciences pour appréhender ce second mode [02:40].

### 2. L'inconscient est-il une "production du cerveau" ? Divergence clé [05:06]

Éric Laurent émet de fortes réserves sur l'idée que l'inconscient soit une simple "production" ou "sécrétion" de circuits neuronaux [05:30].

**L'extériorité de la langue** : il prend l'exemple du langage. La structure de la langue existe largement en dehors de nous, de manière collective et sociale, avant même d'être inscrite dans le cerveau [06:39]. Le cerveau est nécessaire pour la traiter, mais il ne résume pas l'objet "langue" [07:40].

**L'inconscient "dans les airs"** : de la même manière, l'inconscient freudien/lacanien défie l'inscription biologique directe [07:52]. Pour la psychanalyse, l'inconscient procède de la discontinuité et non d'une suite continue d'impulsions électriques [22:45].

### 3. La perte d'information et le "Photoshop" cérébral [10:42]

Pierre Magistretti expose une donnée neurobiologique majeure : il y a une déperdition massive de données entre le monde extérieur et le cortex visuel. On passe de 10^10 bits/seconde sur la rétine à 10^4 bits/seconde au niveau du premier relais cortical [11:59].

**Interprétation permanente** : le cerveau "remplit les vides" en permanence, comme un logiciel de retouche d'image, pour reconstruire une réalité individualisée [12:28].

**Biologie de la discontinuité** : cette défaillance de l'organisme face au réel crée une rupture, une "ligne de crête" où le sujet doit interpréter, ouvrant ainsi la porte au parasitisme du langage [13:28].

### 4. Mémoire organique vs mémorisation freudienne [14:43]

Éric Laurent s'appuie sur Jacques Lacan pour opposer deux concepts :

**La mémoire biologique** : propriété du vivant. L'organisme sait ce qu'il doit savoir pour survivre dans son environnement [14:55].

**La mémorisation freudienne** : système qui, au contraire, empêche le vivant de tourner en rond [15:28]. C'est ce qui introduit les lapsus, les symptômes, les choix contraires au bien-être, les traumatismes, et qui "fait disjoncter" la mécanique adaptative de l'animal pour en faire un être de culture [15:59].

### 5. Le concept de "fonction disjointe" [09:27]

Le débat s'articule autour du livre d'Éric Laurent, *Lost in Cognition*, où il qualifie l'inconscient de fonction disjointe [00:18].

**Contre l'émergentisme classique** : contrairement aux neurosciences qui voient l'esprit comme une fonction "émergente", le concept de fonction disjointe implique une coupure radicale entre les propriétés physiques et l'état psychique [09:04].

**Au-delà de la trace mnésique** : les neurosciences étudient souvent la "trace", c'est-à-dire l'inscription neuronale de l'expérience [43:05]. Ansermet et Magistretti rappellent que, dans leurs travaux sur la plasticité, les traces se réassocient pour créer des circuits entièrement nouveaux, déconnectés de l'expérience initiale [44:09]. Laurent pousse cette idée plus loin : l'inconscient n'est pas une impression sur une surface reproductive, c'est une écriture logique. Lacan parlait des nœuds liant le Réel, le Symbolique et l'Imaginaire [41:43].

### 6. Le double parasitisme [18:47]

François Ansermet résume l'interface homme-machine, ou cerveau-esprit, par un croisement asymétrique :

**Le vivant parasite la langue** : le corps biologique utilise les mots, se les approprie [18:56].

**Le langage parasite le vivant** : le compte rendu formule ici l’idée que le verbe s’inscrit dans le corps, le stresse, le névrose, modifie sa biologie [19:04]. Il s’agit d’une reformulation synthétique, à relire à partir du passage exact sur le double parasitisme.

L'être humain est un "animal déprogrammé" par le langage, sans mode d'emploi biologique strict contrairement à l'animal [17:58].

### 7. Conclusion et perspectives épistémologiques [53:03]

L'entretien se ferme sur une position d'ouverture, malgré les désaccords conceptuels fondamentaux.

**Pour la psychanalyse** : se confronter aux sciences d'avant-garde, comme la physique quantique ou les neurosciences, est un excellent "exercice spirituel" pour sortir des théories naïves de la causalité linéaire [29:57]. L'inconscient s'attache à ce qui fait "trou" dans le récit biologique [51:25].

**Pour les neurosciences** : Pierre Magistretti conclut en affirmant que ce qui échappe actuellement aux neurosciences cognitives standard — l'adimensionnalité de la langue, l'inconscient freudien — ne doit pas être rejeté hors de la science, mais doit pousser les neurosciences à formuler de nouvelles connaissances et de nouveaux paradigmes capables de l'expliquer à l'avenir [55:11].

Source de la vidéo : Fondation Agalma — Entretien avec Éric Laurent.

</details>

#### Statut du compte rendu Gemini

Le compte rendu Gemini est utile pour l’orientation générale : il repère les grands nœuds et donne des minutages cohérents. La présente page ne le reprend toutefois pas comme autorité. Elle le corrige sur quatre points : le centre de gravité est bien Éric Laurent ; l’hypothèse des « deux modes du cerveau » est une hypothèse de départ, non une conclusion ; la mémorisation freudienne n’est pas seulement négative, elle ouvre aussi une sortie du programme adaptatif ; enfin, « au-delà de la trace » doit être compris comme déplacement vers la lettre, l’écriture et le trou, non comme simple thème neuroscientifique.

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<a id="analyse-chronologique"></a>

## Analyse chronologique minutée

### 1. Ouverture : Éric Laurent, *Lost in Cognition* et la fonction disjointe [00:00–01:14]

L’entretien s’ouvre par une mise en contexte : le dialogue entre François Ansermet, Pierre Magistretti et Éric Laurent est ancien. Laurent est présenté comme un psychanalyste attentif aux neurosciences, notamment à travers *Lost in Cognition*, où il discute l’inconscient comme **fonction disjointe**.

Cette expression donne immédiatement la clef de lecture. Pour Ansermet, la fonction disjointe désigne une **discontinuité** : un ordre atemporel, non dimensionnel, vient parasiter le fonctionnement du cerveau. Pour Magistretti, la notion reste plus abstraite ; sa question consiste à demander quel mode de fonctionnement du cerveau pourrait produire non seulement de la cognition, mais aussi quelque chose comme l’inconscient freudien.

Le désaccord est donc présent dès l’ouverture : ce que Magistretti formule encore sous le registre de la **production cérébrale**, Laurent va progressivement le déplacer vers l’extériorité de la langue, la discontinuité, l’écriture et le trou.

### 2. Hypothèse initiale : deux modes de fonctionnement du cerveau ? [01:14–03:18]

Magistretti formule l’hypothèse de départ : le cerveau pourrait fonctionner selon deux régimes.

Le premier régime serait **séquentiel**, **binaire**, cognitif, pris dans l’espace et le temps. Il correspond au domaine privilégié des neurosciences cognitives contemporaines.

Le second régime serait moins directement accessible aux outils classiques : il serait non binaire, non séquentiel, synchronique, instantané, sans temporalité classique, et peut-être sans négation. Ce second régime serait celui qu’on pourrait rapprocher de l’inconscient freudien.

L’enjeu est épistémologique : la psychanalyse pourrait-elle ouvrir aux neurosciences une voie de recherche pour explorer ce second régime ? La question est posée de manière volontairement expérimentale : il s’agit de « jouer » avec l’idée de deux modes de fonctionnement du cerveau, et d’observer ce que la psychanalyse en fait.

### 3. Première réponse de Laurent : prudence devant la modélisation [03:18–05:30]

Laurent commence par reformuler ce qu’il entend : on lui propose une sorte de **modélisation de l’inconscient** qui pourrait être implantée ou implémentée dans un certain mode de fonctionnement du cerveau.

Il ne rejette pas l’idée d’emblée. Il reconnaît au contraire l’intérêt critique des travaux d’Ansermet et Magistretti : ils ne répètent pas le modèle standard des neurosciences, ils en examinent les limites, ils lisent les expériences et les auteurs, ils se confrontent à ce qui résiste.

Mais la réserve apparaît immédiatement : l’idée que l’inconscient soit une **production du cerveau** lui pose problème. C’est la première césure structurante de l’entretien.

### 4. La langue comme objection majeure [05:30–08:21]

Laurent prend l’exemple de la langue. Les neurolinguistes peuvent chercher les zones cérébrales impliquées dans le langage, mais cela ne suffit pas à rendre compte de l’objet « langue ».

La langue n’est pas seulement une compétence logée dans le cerveau. Elle est collective, sociale, déjà là. Elle existe avant le sujet et hors de lui. On peut utiliser un mot sans savoir exactement à quel objet botanique, technique ou scientifique il correspond, parce qu’on suppose qu’il y a, dans la langue, d’autres sujets qui savent. La langue tient par cette extériorité partagée.

Le cerveau est nécessaire pour traiter la langue, mais il ne contient pas la langue comme totalité. À partir de là, Laurent étend l’objection à l’inconscient : l’objet inconscient est, comme la langue, partiellement extérieur, « dans les airs », difficile à inscrire, voire défiant l’inscription.

La formule à retenir n’est donc pas : **le cerveau ne compte pas**. La formule juste est : **le cerveau ne suffit pas à définir l’objet langue ; il ne suffit donc pas à définir l’objet inconscient**.

### 5. Propriétés, états et critique du mapping sans reste [08:21–10:42]

Ansermet introduit une distinction empruntée à la physique : les **propriétés** d’un système et ses **états** ne se recouvrent pas sans reste. Un état ne se déduit pas mécaniquement d’une somme de propriétés.

Cette distinction critique le réflexe réductionniste : vouloir établir une traduction directe entre propriétés neuronales et états psychiques. Elle permet de donner une première forme à la fonction disjointe : il n’y a pas seulement continuité ou correspondance ; il y a coupure, écart, disharmonie, non-recouvrement.

La discussion se décale alors vers trois opérateurs : la discontinuité, le parasitisme de la langue et la perte d’information.

### 6. La perte d’information : le cerveau ne photographie pas le monde [10:42–13:28]

Magistretti expose un point neurobiologique fort : l’information reçue par le système visuel subit une perte massive entre le monde extérieur, la rétine et le cortex visuel. Le chiffre avancé dans l’entretien est le passage de `10^10` bits par seconde à `10^4` bits par seconde.

Cette perte oblige le cerveau à reconstruire. Il « remplit les vides » ; il produit une image cohérente à partir d’informations incomplètes. L’image du « Photoshop » cérébral est parlante : le cerveau n’est pas un appareil photographique, il interprète.

Laurent accueille ce point parce qu’il confirme une rupture : l’organisme ne reflète pas simplement le monde. Il n’y a pas impression directe du réel dans le vivant. La perception elle-même comporte une discontinuité.

Mais il faut rester précis : cette perte d’information ne prouve pas l’inconscient freudien. Elle rend pensable une zone où la reconstruction, l’interprétation, l’écart et le langage peuvent s’introduire.

### 7. Mémoire du vivant et mémorisation freudienne [14:28–16:58]

Laurent introduit une distinction essentielle, attribuée à Lacan : **mémoire** et **mémorisation freudienne**.

La mémoire est une propriété du vivant. Le vivant sait ce qu’il doit savoir pour survivre. Il ne perçoit pas tout ; il filtre ce qui est utile à son maintien.

La mémorisation freudienne relève d’un autre régime. Elle n’aide pas simplement le vivant à mieux vivre. Elle recueille ce qui l’empêche de vivre, ce qui l’empêche de « vivre en rond », ce qui le fait disjoncter, ce qui le met en contradiction avec son bien supposé.

Ce passage est décisif parce qu’il désactive une lecture adaptative de l’inconscient. L’inconscient n’est pas un outil d’optimisation du vivant. Il introduit un reste non adaptatif : symptôme, répétition, trauma, lapsus, choix paradoxal, jouissance.

### 8. L’humain comme vivant sans mode d’emploi strict [16:58–18:47]

Ansermet relance la question à partir du programme biologique. Chez l’animal, les comportements sociaux et adaptatifs sont largement organisés par des circuits et des programmes. L’humain, lui, n’a pas de mode d’emploi aussi strict.

Cette absence de mode d’emploi est ambiguë. Elle ouvre une marge de liberté, mais cette liberté ne vient pas d’une autonomie pure. Elle vient aussi de la mémorisation freudienne, qui fait obstacle au programme et l’empêche de se refermer.

L’humain devient ainsi un vivant déprogrammé : non pas hors biologie, mais traversé par une discontinuité qui modifie le rapport entre vivant, mémoire, comportement et langage.

### 9. Double parasitisme : vivant ↔ langue [18:47–22:28]

Ansermet formule le nœud de l’entretien : **le double parasitisme**.

D’un côté, le vivant parasite la langue. Le corps biologique utilise les mots, les tord, les affecte, les sexualise, les symptomatise, les rend singuliers. La langue n’est jamais utilisée comme un système pur.

De l’autre côté, la langue parasite le vivant. Elle l’inscrit dans des lois qui ne sont pas celles de l’adaptation biologique. Elle le trouble, le déprogramme, l’angoisse, le névrose, l’organise autrement.

Laurent reconnaît la force de cette formulation. Lacan a d’abord exploré la voie de l’inconscient structuré comme un langage, avec ses lois propres ; mais il faut aussi penser le retour du vivant dans l’usage de la langue. La langue est extérieure, mais elle est reprise par le vivant. Le vivant est biologique, mais il est pénétré par la langue.

Ce double parasitisme donne la meilleure structure de la page : non pas cerveau contre langage, mais **vivant-langue / langue-vivant**, dans une co-affection dissymétrique.

### 10. Fonction disjointe : ni production, ni manifestation, ni émergence simple [22:28–25:58]

Ansermet clarifie la position commune qu’ils tentent de formuler : on ne peut pas parler simplement de l’inconscient comme d’un produit du cerveau. L’inconscient procède de la discontinuité. Il n’est ni une fonction cérébrale classique, ni une manifestation, ni une production localisable.

La fonction disjointe désigne précisément cela : un effet de discontinuité qui ouvre un autre mode de fonctionnement.

Le terme « émergence » doit être manié avec prudence. Laurent accepte éventuellement le mot si l’on entend par émergence l’apparition d’un état imprédictible à partir de propriétés. Mais il refuse qu’on en fasse une continuité explicative. Dans la physique, un phénomène émergent reste descriptible dans un système de lois ; dans l’inconscient, aucun système ne rend compte sans reste de la transformation de propriétés neuronales en état subjectif.

La fonction disjointe sert donc à sortir d’une vision substantialiste du cerveau et à introduire une vision temporelle : synchronie, réassociation, disjonction, parasitisme, traitement de l’espace et du temps.

### 11. Causalité : se déprendre du modèle linéaire [25:58–30:27]

Laurent précise que l’imprédictible n’abolit pas le déterminisme. Les mathématiques du chaos, les fractales et la divergence exponentielle montrent qu’une détermination peut inclure de l’imprédictible sans retomber dans la causalité simple.

La physique contemporaine devient utile non comme modèle à plaquer sur la psychanalyse, mais comme exercice de déplacement. Elle force à sortir des théories spontanées de la causalité. Laurent insiste : la psychanalyse n’a rien à gagner à l’ignorance ; elle doit se confronter aux sciences pour se défaire de causalités trop naïves.

L’objet petit a comme cause, par exemple, exige une pensée de la causalité qui n’est ni mécanique, ni linéaire, ni simplement biologique.

### 12. Le problème de l’adimensionnel [30:27–32:57]

Magistretti revient au point qui l’intéresse le plus : comment un organe étudié comme machine temporelle, dimensionnelle, séquentielle, pourrait-il produire ou permettre quelque chose d’adimensionnel ?

Il reconnaît que les neurosciences cognitives réduisent souvent l’individu à des processus cognitifs, parfois complétés par un peu d’émotion ou d’inconscient subliminal. Mais l’inconscient freudien semble excéder ce cadre.

Laurent déplace alors le mot « dimension ». Il ne faut pas seulement chercher une dimension cérébrale inconnue ; il faut prendre au sérieux la **dimension de la lettre**. Le langage n’est pas un bloc homogène : il comporte la parole, l’écrit, le nombre, chacun avec sa temporalité et ses effets.

### 13. Parole, écrit, hallucination, nombre [32:57–36:27]

Laurent distingue la parole, avec ses malentendus, ses reconnaissances, ses méconnaissances, ses adresses. Puis il distingue l’écrit, qui n’est pas de même nature que la parole.

L’écrit peut surgir dans le rêve, dans l’hallucination, dans l’interprétation. Laurent évoque la figure du sujet qui voit quelque chose s’écrire dans le monde, puis passe des années à le déchiffrer. L’écriture n’est pas ici une simple notation graphique ; elle est une apparition du signifiant dans le réel.

Le nombre constitue une troisième dimension : il appartient au régime de la lettre et pose la question des objets mathématiques, de leur perfection, de leur infinité, et de leur rapport problématique au vivant.

### 14. Ce qui dépasse le cerveau sans nier le cerveau [36:27–38:56]

Magistretti refuse de transformer l’écart actuel en mystère définitif. Ce qui échappe aux neurosciences actuelles pourrait correspondre à un mode de fonctionnement cérébral encore inconnu. Sa position n’est pas réductionniste au sens naïf ; elle est programmatique : chercher de nouveaux paradigmes.

Ansermet reformule alors le point intermédiaire : la perte d’information et l’adimensionnalité font apparaître une **biologie de la discontinuité**. Il ne s’agit pas de réduire la discontinuité à la biologie ; il s’agit de penser les conditions biologiques par lesquelles une discontinuité peut être traversée par la langue.

La question devient : comment un monde colonise-t-il un autre ? Comment la langue colonise-t-elle le vivant ? Comment le vivant réinvestit-il la langue ?

### 15. Freud, Lacan et l’impasse de l’impression [38:56–42:26]

Laurent replace Freud dans son contexte : mécanique classique, physiologie, débats viennois, Helmholtz, Boltzmann, projet d’une psychologie compatible avec les sciences de son temps.

Mais Lacan ne conserve pas simplement la neurologie freudienne. Il relit Freud depuis la linguistique, la logique, la topologie et les transformations de la science moderne. Ce qu’il faut dépasser, c’est l’idée que l’écriture serait une impression de signes de perception sur une surface.

Le modèle de la trace comme empreinte devient insuffisant. Il faut penser une **instance de la lettre** qui ne soit pas une impression, mais une écriture.

### 16. Nœud, écriture et enveloppement parasitaire [41:26–42:26]

Laurent évoque les nœuds lacaniens. Le nœud permet de penser un enveloppement parasitaire : le Symbolique, l’Imaginaire et le Réel ne s’additionnent pas ; ils se nouent, se tiennent, parfois avec l’appui d’un quatrième terme.

L’important n’est pas de développer toute la théorie des nœuds, mais de comprendre le déplacement : Lacan cherche une écriture qui échappe au modèle de l’impression. Une écriture qui ne reproduit pas une surface, mais qui noue, lie, tient, défait, répare ou symptômatise.

C’est ici que l’expression **« au-delà de la trace »** prend sa pleine portée.

### 17. Réassociation de traces et limite du mapping [42:26–46:56]

Ansermet rappelle que ses travaux avec Magistretti sont partis de la trace : trace mnésique, trace inconsciente, trace inscrite. Mais la trace devient vite un point de butée : elle ne permet pas de faire un mapping direct entre cerveau et inconscient.

La réassociation de traces ouvre déjà une voie plus souple : des fragments de traces se combinent et produisent autre chose, de nouveaux assemblages qui ne sont plus directement liés à l’expérience initiale.

Laurent reconnaît l’intérêt de cette voie, mais maintient une objection : peut-on vraiment demander aux neurones de s’associer selon les lois de la métaphore et de la métonymie ? Peut-on leur demander de faire des nœuds ? L’objection ne ridiculise pas les neurosciences ; elle marque la limite d’une traduction sans reste du signifiant en réseau neuronal.

### 18. Objets mathématiques et discontinuité [46:56–48:33]

Laurent introduit la question des objets mathématiques : certains objets sont infinis, parfaits, non vivants. Ils ne ressemblent pas à des objets biologiques et ne peuvent pas être simplement placés dans le cerveau comme des contenus naturels.

Le problème est alors de penser leur rapport au vivant sans tomber dans un platonisme naïf. Il ne s’agit pas de supposer un ciel séparé des lettres ou des nombres. Il s’agit de comprendre comment un mode d’écriture peut toucher le vivant sans se réduire à lui.

### 19. Synchronie, diachronie et « le 1 de la fin » [48:33–50:55]

Ansermet recentre le débat sur le temps. Les assemblées de neurones peuvent être pensées à partir de la synchronie : des neurones qui déchargent ensemble se lient ensemble. Mais le rapport entre synchronie et diachronie reste difficile.

Laurent prend l’exemple d’une démonstration mathématique. Les étapes de la démonstration sont diachroniques : elles se succèdent. Mais une fois la démonstration achevée, elle se lit comme un tout. Il y a un « 1 de la fin ». La multiplicité des étapes fait unité.

Cette question de la cristallisation finale sert de modèle pour penser le sujet : comment des discontinuités successives finissent-elles par faire marque ? Comment le multiple produit-il un effet d’un ?

### 20. La psychanalyse : faire le récit de ce qui ne fait pas récit [50:55–53:03]

Laurent applique cette logique à la construction subjective. Dans l’existence d’un sujet, certaines discontinuités, certains trous, certains moments de perte de soi n’entrent pas dans une continuité narrative.

La psychanalyse n’est donc pas une herméneutique biographique ordinaire. Elle ne consiste pas à faire le récit continu de sa vie. Elle consiste à travailler ce qui ne fait pas récit : les trous, les obstacles, les moments où le sujet s’est perdu de vue.

Ces moments peuvent cristalliser dans une hallucination, une lettre, un symptôme, une marque, une certitude, quelque chose qui défie les répartitions habituelles.

### 21. Conclusion d’Ansermet et Magistretti [53:03–55:16]

Ansermet conclut que l’échange a été un moment de pensée et de recherche. Il a déplacé la question de la trace et remis en question la problématique de l’émergence. Entre propriétés et états du cerveau, il y a discontinuité ; des ordres différents entrent en résonance, en synchronie et en diachronie.

Magistretti conclut depuis la préoccupation neurobiologique : comprendre comment le cerveau produit la pensée ou la vie psychique. Il reconnaît que certaines fonctions sont déjà rapportables aux connaissances actuelles des neurosciences — motricité, émotions, certaines dimensions comportementales — mais il maintient qu’il existe autre chose : la langue comme ayant sa propre vie, la dimension étudiée par la psychanalyse et par les mathématiques.

Sa conclusion reste ouverte : ce qui n’est pas ramenable aux connaissances neuroscientifiques actuelles devrait peut-être devenir ramenable à des connaissances nouvelles, produites par de nouveaux paradigmes.

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## Les thèses centrales

### 1. Le centre de gravité est Éric Laurent

L’entretien n’est pas une émission générale sur les neurosciences et la psychanalyse. Il est construit autour de la réception d’Éric Laurent par Magistretti et Ansermet.

Magistretti pose l’hypothèse neuroscientifique. Ansermet construit les ponts conceptuels. Laurent répond, résiste, précise et déplace. Cette dissymétrie est essentielle : la page doit garder Laurent comme centre de gravité, sans effacer le rôle moteur des deux interlocuteurs.

### 2. L’hypothèse des deux modes du cerveau est une question, non une conclusion

L’idée de deux modes de fonctionnement du cerveau ouvre l’entretien. Elle ne le clôt pas.

Pour Magistretti, cette hypothèse permet de chercher un autre régime cérébral. Pour Laurent, elle risque de reconduire une modélisation trop cérébrale de l’inconscient. L’entretien ne valide donc pas simplement deux modes cérébraux ; il met cette hypothèse à l’épreuve.

### 3. La formule « production du cerveau » est le point de friction principal

Le débat se concentre sur la possibilité de dire que l’inconscient est produit par le cerveau.

Laurent refuse cette formule si elle signifie continuité, localisation ou manifestation d’un système neuronal. Ansermet cherche à l’amender par la discontinuité. Magistretti maintient la question neuroscientifique sous forme ouverte : peut-être manque-t-il encore un paradigme.

La formule la plus juste est : **l’inconscient implique le cerveau sans être réductible à une production cérébrale**.

### 4. L’extériorité de la langue empêche la réduction neurobiologique

La langue précède le sujet. Elle est collective, historique, sociale, transindividuelle. Le cerveau permet d’y accéder, mais il ne l’épuise pas.

Cette extériorité est décisive pour la psychanalyse lacanienne : l’inconscient n’est pas un pur dedans psychologique ; il est structuré par un dehors symbolique qui vient marquer le vivant.

### 5. La perte d’information n’explique pas l’inconscient, mais ouvre une faille

Le passage sur la perception montre que le cerveau ne reçoit pas le monde comme une image complète. Il reconstruit.

Cette reconstruction introduit une faille, une zone d’interprétation. Cette faille n’est pas encore l’inconscient, mais elle rend pensable la rencontre entre vivant, langage, interprétation et discontinuité.

### 6. La mémorisation freudienne est extra-adaptative, parfois anti-homéostatique

La mémoire biologique sert la survie. La mémorisation freudienne ne se laisse pas ramener à l’adaptation ; elle recueille aussi ce qui fait obstacle à l’économie adaptative du vivant.

C’est pourquoi la psychanalyse ne peut pas être rabattue sur une science de l’optimisation du comportement. L’inconscient n’est pas là pour optimiser le vivant. Il marque aussi ce qui le fait trébucher, répéter, désirer, souffrir, déplacer ses déterminismes et créer.

### 7. Le double parasitisme est la charnière de tout l’entretien

L’entretien devient vraiment puissant quand il formule le double parasitisme :

- le langage parasite le vivant ;
- le vivant parasite le langage.

Cette formule évite les deux réductions : réduction biologique et réduction purement linguistique. Elle permet de penser l’humain comme vivant parlant, c’est-à-dire comme corps affecté par la langue et langue affectée par le corps.

### 8. La fonction disjointe est le contrepoint de la fonction émergente

La fonction émergente conserve souvent une continuité entre substrat et état. La fonction disjointe insiste sur la coupure.

Elle ne supprime pas la matérialité cérébrale, mais elle empêche de la transformer en fondation suffisante. L’inconscient n’est pas joint au cerveau par un point simple. Il procède d’un écart.

### 9. « Au-delà de la trace » signifie : passer de l’empreinte à l’écriture

La trace reste importante : elle permet de penser la plasticité, la mémoire, la réassociation. Mais la trace, si elle reste empreinte ou surface d’impression, ne suffit pas.

Lacan permet de déplacer la question vers l’écriture, la lettre, le nœud. L’inconscient n’est pas seulement ce qui s’imprime ; il est ce qui s’écrit, se noue, se déchiffre, se répète, fait trou.

### 10. La psychanalyse travaille ce qui échoue à devenir récit

La formule finale donne la portée clinique : l’analyse n’est pas la production d’un récit total de soi. Elle travaille ce qui ne s’intègre pas au récit : trous, marques, symptômes, discontinuités, pertes de soi.

La psychanalyse ne bouche pas le trou ; elle en traite les effets.

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## Cartographie des positions

| Question | Pierre Magistretti | François Ansermet | Éric Laurent |
|---|---|---|---|
| Point de départ | Comprendre comment le cerveau peut produire cognition et vie psychique. | Mettre en dialogue neurosciences et psychanalyse à partir de la discontinuité. | Examiner et déplacer l’hypothèse neuroscientifique. |
| Deux modes du cerveau | Hypothèse forte : cognition séquentielle vs régime non binaire / synchronique. | Hypothèse utile pour penser disjonction et parasitisme. | Hypothèse intéressante, mais risquée si elle cérébralise l’inconscient. |
| Production du cerveau | Terme problématique mais question maintenue. | Préférence pour discontinuité et fonction disjointe. | Réserve majeure : l’inconscient n’est pas une production du cerveau. |
| Langue | Ordre encore non ramenable aux connaissances actuelles. | Interface parasitaire entre vivant et parole. | Objet extérieur, collectif, transindividuel, qui défie l’inscription cérébrale. |
| Trace | Support neurobiologique et plastique. | Point de départ à dépasser par réassociation et discontinuité. | Insuffisante si elle reste empreinte ; il faut penser lettre, écriture, nœud. |
| Émergence | Question de paradigme futur. | Propriétés et états ne se recouvrent pas sans reste. | Acceptable seulement si elle n’efface pas la disjonction. |
| Finalité du dialogue | Produire de nouveaux paradigmes neuroscientifiques. | Faire travailler ensemble des matérialités hétérogènes. | Préserver la spécificité du sujet parlant, du signifiant, du trou. |

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## Glossaire raisonné

### Fonction disjointe

Nom donné à l’inconscient lorsqu’il est pensé non comme fonction cérébrale locale, mais comme effet d’une discontinuité entre vivant, langue, temps et sujet. La fonction disjointe refuse l’idée d’une continuité simple entre propriétés neuronales et état psychique.

### Production du cerveau

Formule problématique. Elle convient à certaines fonctions comme la motricité ou certains processus perceptifs, mais elle devient réductrice si elle prétend expliquer l’inconscient freudien/lacanien comme manifestation directe d’un système neuronal.

### Langue extérieure

La langue existe avant le sujet et hors de lui. Elle est portée par un collectif de locuteurs, de règles, d’usages, de suppositions de savoir. Elle est traitée par le cerveau, mais elle n’est pas contenue par lui.

### Biologie de la discontinuité

Expression utile pour désigner les conditions biologiques d’une non-continuité : perte d’information, reconstruction perceptive, inachèvement humain, interprétation permanente. Elle n’explique pas l’inconscient, mais ouvre un espace où la langue peut parasiter le vivant.

### Mémoire du vivant

Capacité adaptative par laquelle le vivant conserve ce qui lui permet de survivre. Elle filtre et organise le rapport au milieu.

### Mémorisation freudienne

Régime de marque qui ne sert pas simplement la survie. Elle recueille ce qui empêche le vivant de vivre en rond : symptôme, répétition, trauma, jouissance, choix contraire au bien supposé, mais aussi franchissement local de certains déterminismes.

### Double parasitisme

Structure réciproque : la langue parasite le vivant, mais le vivant parasite aussi la langue. L’humain n’est donc ni organisme pur, ni pur sujet linguistique.

### Lettre

Dimension du langage qui ne se réduit pas à la parole. La lettre s’écrit, se déchiffre, peut apparaître dans le rêve, l’hallucination, le symptôme, le nombre, la certitude.

### Nœud

Chez Lacan, mode d’écriture qui permet de penser la tenue entre Réel, Symbolique et Imaginaire sans les réduire à une surface d’impression. Le nœud remplace le modèle trop simple de la trace-empreinte.

### Trou

Ce qui ne s’intègre pas à la continuité narrative. Le trou n’est pas seulement une absence ; il est un opérateur clinique : ce qui insiste, empêche, marque, fait symptôme.

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## Lecture développée : ce que l’entretien fait vraiment

### 1. Il ne cherche pas une synthèse rassurante

L’entretien ne dit pas que les neurosciences confirment la psychanalyse. Il ne dit pas non plus que la psychanalyse serait hors d’atteinte de toute science.

Il fait quelque chose de plus intéressant : il installe une zone de friction où les deux champs se contraignent mutuellement. Les neurosciences apportent la plasticité, la perte d’information, les assemblées neuronales, la reconstruction perceptive. La psychanalyse apporte la langue, le signifiant, la lettre, le symptôme, le trou, la discontinuité subjective.

La force de l’échange vient du fait qu’il ne referme pas l’écart.

### 2. Il transforme la question du cerveau

La question « le cerveau produit-il l’inconscient ? » devient trop grossière.

La vraie question devient : **comment un vivant cérébralement organisé peut-il être affecté par une langue extérieure au point de produire des effets subjectifs irréductibles à la cognition ?**

Le cerveau n’est pas supprimé. Mais il n’est plus souverain. Il devient condition matérielle de réception, de reconstruction, de temporalisation et de discontinuité.

### 3. Il transforme la question de la langue

La langue n’est pas traitée comme un pur système abstrait. Elle est extérieure, mais elle entre dans le vivant. Elle parasite le corps, mais le corps la parasite à son tour.

Elle a ses lois, mais ses usages sont affectés par la jouissance, le symptôme, le rêve, la mémoire, l’hallucination, le nombre.

La langue n’est pas seulement structure ; elle devient événement dans un corps.

### 4. Il transforme la question de la trace

La trace n’est plus simplement le pont entre neurosciences et psychanalyse. Elle devient un problème.

La trace neuroscientifique peut décrire des inscriptions et des réassociations. Mais l’inconscient exige aussi de penser ce qui ne se laisse pas cartographier : l’écriture, le nœud, la lettre, le symptôme, le trou.

Ainsi, la trace est utile comme point de départ, mais insuffisante comme modèle final.

### 5. Il transforme la question du récit

L’entretien refuse une idée trop simple de la psychanalyse comme narration de soi. Le sujet ne se retrouve pas en racontant tout. Il rencontre précisément ce qui ne se raconte pas, ce qui ne s’intègre pas, ce qui résiste au récit.

La psychanalyse travaille les lieux de non-coïncidence : ce qui a fait trou, ce qui a cristallisé, ce qui s’est écrit sans être compris.

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## Lecture T^ / MNL^ / MCPP^ / ∆

Dans une lecture T^, l’entretien tient un holochamp morphogénétique fractal en co-présence dissymétrique de configurations locales : cerveau, vivant, langue, inconscient, trace, lettre, nœud, symptôme, mémoire, temps, récit, trou. Aucun de ces régimes ne devient fondation unique.

La figure du **coin de papillon** se situe dans la césure minimale : la discontinuité entre propriétés et état, entre cerveau et inconscient, entre mémoire biologique et mémorisation freudienne, entre trace et écriture.

La figure **libellule** tient la portance sans fixation : l’entretien ne tranche pas en faveur d’un réductionnisme neuronal ni d’une extériorité absolue de la psychanalyse. Il maintient la suspension active entre les champs.

En **MNL^** :

- **Materia** correspond au vivant, au cerveau, à la plasticité, aux assemblées neuronales, à la perte d’information, aux conditions matérielles de la perception et de la mémoire.
- **Nox** correspond au trou, à la discontinuité, à ce qui ne fait pas récit, à ce qui défie l’inscription, à l’ombre de la langue extérieure.
- **Lux** correspond aux moments de lisibilité : fonction disjointe, lettre, écriture, symptôme, cristallisation, démonstration qui « fait un ».

En **MCPP^** :

- le **phono** se joue dans la parole, le malentendu, l’adresse, le parasitisme du langage dans le vivant ;
- le **photonique** apparaît lorsque quelque chose s’écrit, devient visible, se marque, surgit comme lettre ou hallucination ;
- le **chiasme** est le double parasitisme : vivant → langue / langue → vivant ;
- la **matrice** est la discontinuité elle-même, comme condition de passage entre régimes.

Formule T^ synthétique :

> **L’entretien tient la disjonction sans la résoudre : le cerveau porte, la langue parasite, la trace se réassocie, la lettre s’écrit, le trou demeure, et le sujet apparaît localement dans ce qui ne fait pas récit.**

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## Formules synthétiques réutilisables

- Ce qui “vient d’ailleurs” n’est pas un mystère ; c’est un excès de niveau entre vivant, langue, lettre et nombre.
- Magistretti cherche le cerveau encore inconnu ; Laurent répond par la langue déjà dehors ; Ansermet tient la ligne de crête entre les deux.
- L’inconscient cognitif traite sans conscience ; l’inconscient freudien parle, répète, déplace et troue.
- Les deux modes du cerveau sont une hypothèse de recherche, pas une preuve que l’inconscient freudien serait un simple second circuit cérébral.
- L’a-dimension cérébrale, l’a-temporalité freudienne et la lettre lacanienne doivent rester distinguées.
- L’inconscient implique le cerveau, mais ne se laisse pas définir comme production cérébrale.
- La langue n’est pas dans le cerveau comme un contenu ; elle traverse le cerveau comme champ extérieur incorporé.
- La perte d’information ne fonde pas l’inconscient, mais elle ouvre une biologie de la discontinuité.
- La mémoire du vivant sert l’adaptation ; la mémorisation freudienne recueille ce qui la déborde, la dérègle ou la déplace.
- L’humain n’est pas seulement un vivant parlant ; il est un vivant parasité par la langue et une langue parasitée par le vivant.
- La fonction disjointe n’est pas une fonction cachée ; elle nomme un écart entre régimes.
- Aller au-delà de la trace, c’est passer de l’empreinte à l’écriture.
- La psychanalyse travaille ce qui ne fait pas récit.

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## Version courte

L’entretien Fondation Agalma avec Éric Laurent, Pierre Magistretti et François Ansermet met au travail une question décisive : l’inconscient freudien peut-il être pensé comme un mode de fonctionnement du cerveau, ou faut-il maintenir une disjonction entre cerveau, langue, vivant et sujet ?

À partir de *Lost in Cognition*, Laurent discute l’inconscient comme **fonction disjointe**. Magistretti et Ansermet interrogent la possibilité d’un régime cérébral non linéaire, non binaire, synchronique, susceptible d’éclairer l’inconscient freudien. Laurent accepte le dialogue, mais refuse la formule d’un inconscient comme « production du cerveau ». Son argument central passe par la langue : la langue a une existence collective, extérieure au cerveau individuel, même si le cerveau est nécessaire pour la traiter.

L’entretien déploie alors plusieurs opérateurs : perte d’information dans la perception, reconstruction cérébrale, mémoire du vivant, mémorisation freudienne, double parasitisme du vivant et du langage, fonction disjointe, écriture lacanienne, nœud, trace, lettre et trou. La formule la plus forte apparaît vers la fin : la psychanalyse n’est pas le récit continu d’une vie ; elle travaille ce qui ne fait pas récit, ce qui fait trou.

Le dialogue ne résout pas l’écart entre neurosciences et psychanalyse. Il le rend productif. Il montre que le cerveau est nécessaire, mais non suffisant ; que la langue est extérieure, mais incorporée ; que la trace est réelle, mais insuffisante ; et que l’inconscient apparaît précisément dans la discontinuité où le vivant et le langage se parasitent.

Un point crucial traverse aussi l’échange : ce que Magistretti nomme comme venant “d’ailleurs”. Ce terme ne désigne pas un au-delà mystique, mais ce qui échappe aux modèles actuels du vivant : langue, lettre, nombre, objets mathématiques, inconscient freudien. Magistretti y voit l’appel à de nouveaux paradigmes neuroscientifiques ; Laurent y reconnaît l’extériorité de la langue et de la lettre ; Ansermet y situe une ligne de crête entre deux mondes.

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## Références et ressources commentées


### Note sur les images et les couvertures

Les portraits et couvertures sont fournis comme repères d’identification documentaire. Les images locales du dossier `agalma_assets/` proviennent des sources indiquées dans les notices correspondantes. Les images Freud / Lacan et certaines couvertures complémentaires peuvent rester chargées depuis les pages sources afin de conserver une référence visuelle précise sans incorporer de fichier dont le statut de réutilisation devrait être revérifié avant publication définitive.

### Source primaire

- [Fondation Agalma — Entretien avec Éric Laurent](https://www.youtube.com/watch?v=cCS9vRXIin4). Vidéo primaire de l’entretien. C’est la référence principale pour toute vérification finale des formulations et des minutages.
- [Annonce AMP Blog — « Émission avec Éric Laurent — Fondation Agalma »](https://ampblog2006.blogspot.com/2011/12/emission-avec-eric-laurent-fondation_09.html?m=0). Annonce de la mise en ligne : elle confirme le cadre Agalma, l’entretien de François Ansermet et Pierre Magistretti avec Éric Laurent, le titre conceptuel **« Au-delà de la trace »** et l’enregistrement du 10 septembre 2011.
- [transcription_entretien_eric_laurent.pdf](/T/theo/images/explorations/agalma-eric-laurent-fonction-disjointe/transcription_entretien_eric_laurent.pdf). Transcription automatique de travail. Toute citation littérale destinée à publication définitive doit être relue contre la vidéo.

### Textes et ouvrages directement liés à l’entretien

- [Éric Laurent — *Lost in Cognition. Psychanalyse et sciences cognitives* — notice Œdipe](https://www.oedipe.org/livre/lost-cognition). Notice utile pour situer le livre évoqué dès l’ouverture de l’entretien, avec le sous-titre, l’éditeur Cécile Defaut et le contexte lacanien de la critique du paradigme cognitiviste.
- [Éric Laurent — *Lost in Cognition: Psychoanalysis and the Cognitive Sciences* — Routledge](https://www.routledge.com/Lost-in-Cognition-Psychoanalysis-and-the-Cognitive-Sciences/Laurent/p/book/9781782200888). Notice anglophone utile pour une page web internationale : elle donne le sommaire et permet de repérer les chapitres sur l’inscription du sujet, la plasticité neuronale et les sciences cognitives.
- [Éric Laurent — “Uses of the Neurosciences for Psychoanalysis” — Lacan.com](https://www.lacan.com/symptom11/uses-of.html). Texte central pour le même champ problématique : Laurent y articule l’usage des neurosciences par la psychanalyse, la plasticité, la singularité et la liberté du sujet.
- [François Ansermet & Pierre Magistretti — *À chacun son cerveau. Plasticité neuronale et inconscient* — Éditions Odile Jacob](https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/a-chacun-son-cerveau_9782738115324.php). Référence majeure du versant Ansermet/Magistretti : plasticité neuronale, inconscient, expérience et articulation entre neurosciences et psychanalyse.
- [*À chacun son cerveau* — Cairn.info](https://stm.cairn.info/a-chacun-son-cerveau--9782738115324?lang=fr). Notice académique utile pour citer l’ouvrage, son sommaire et sa présentation éditoriale.
- [François Ansermet — “Neurosciences et psychanalyse” — Le Pont Freudien](https://www.pontfreudien.org/content/fran%C3%A7ois-ansermet-neurosciences-et-psychanalyse). Conférence/texte utile pour prolonger les notions de plasticité, trace, réorganisation et contradiction entre inscription durable et transformation.

### Repères lacaniens et freudiens à mobiliser avec prudence

- Sigmund Freud, *Projet d’une psychologie scientifique* / *Esquisse d’une psychologie scientifique* : arrière-plan mentionné dans l’entretien lorsque Laurent rappelle le contexte physiologique et énergétique du jeune Freud.
- Sigmund Freud, « Note sur le bloc magique » : référence utile pour le paradigme de l’impression, de la trace et de l’écriture que Laurent déplace vers Lacan.
- Sigmund Freud, *L’Interprétation du rêve* : arrière-plan nécessaire pour le processus primaire, l’absence de contradiction, la temporalité du rêve et la logique freudienne de l’inconscient.
- Jacques Lacan, « L’instance de la lettre dans l’inconscient » : repère majeur pour comprendre le passage de la trace à la lettre.
- Jacques Lacan, enseignements sur le Réel, le Symbolique, l’Imaginaire et les nœuds : repères nécessaires pour la partie de l’entretien où Laurent évoque le nœud comme écriture et enveloppement parasitaire.

### Ressource complémentaire sur la formule finale

- [NLS Minute 16 — AMP-NLS](https://www.amp-nls.org/fr/nls-messager/nls-minute-16/). Texte secondaire qui reprend l’entretien et met en avant la formule de Laurent : l’analyse ne consiste pas à faire le récit continu de sa vie, mais à traiter « ce qui ne fait pas récit » et « ce qui fait trou ».

**Date de consultation des ressources web** : 19 juin 2026.

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## Partie supplémentaire Theo : architecture Q^ / H^ / MCPP^ / MNL^

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## Architecture Q^ / H^ / MCPP^ / MNL^ : lecture morphodynamique de l’entretien

Cette section constitue une **lecture Theo** de l’entretien. Elle ne prétend pas résumer la position d’Éric Laurent, de François Ansermet ou de Pierre Magistretti. Elle propose une architecture interprétative supplémentaire, située, réversible, non totalisante, destinée à rendre lisible ce que l’entretien met en tension : cerveau, vivant, langue, lettre, nombre, trace, discontinuité, inconscient, symptôme et ce qui semble “venir d’ailleurs”.

L’entretien peut être lu comme une scène où plusieurs régimes se croisent sans fusionner : un régime neurobiologique, un régime psychanalytique, un régime logique-symbolique, un régime temporel et un régime clinique. La lecture Theo permet de tenir ces régimes en co-présence dissymétrique, sans les hiérarchiser et sans réduire l’un à l’autre.

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### 1. Q^ morphodynamique : champ quantique d’apparition, non modèle physique

Dans cette page, **Q^** ne désigne pas une explication physique de l’inconscient. Il désigne une **grammaire morphodynamique d’apparition** : un champ de potentialités où certains rapports peuvent se configurer, se déplier, se réassocier ou se cristalliser.

L’entretien travaille précisément cette zone : le cerveau n’est pas un appareil photographique, la trace n’est pas une empreinte stable, l’inconscient n’est pas un second circuit caché, et la langue n’est pas simplement contenue dans le cerveau individuel. Tout se joue dans des passages, des réassociations, des seuils, des cristallisations.

Dans une lecture Q^, la question n’est donc pas : **où est localisé l’inconscient ?** mais plutôt : **dans quel champ de contraintes et de possibilités un effet d’inconscient devient-il lisible ?**

Q^ permet ainsi de penser :

- la plasticité comme ouverture de trajectoires ;
- la trace comme réassociation plutôt que simple dépôt ;
- le symptôme comme cristallisation locale ;
- la lettre comme apparition ponctuelle d’un régime d’écriture ;
- l’“ailleurs” comme excès de niveau, non comme mystère.

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### 2. H^ herméneutique : lecture rigoureuse sans clôture

**H^** intervient comme herméneutique morphogénétique : elle ne cherche pas à traduire l’entretien dans un seul langage. Elle maintient la pluralité des régimes en présence.

L’erreur serait de produire une synthèse finale du type : les neurosciences expliquent enfin Freud, ou inversement, la psychanalyse réfute les neurosciences. L’entretien ne fait ni l’un ni l’autre. Il oblige à lire les écarts.

H^ permet de distinguer :

- ce qui appartient au registre neuroscientifique : plasticité, perte d’information, perception, assemblées neuronales ;
- ce qui appartient au registre psychanalytique : inconscient, symptôme, répétition, transfert, trou ;
- ce qui appartient au registre lacanien : langue, signifiant, lettre, nœud, Réel / Symbolique / Imaginaire ;
- ce qui appartient au registre épistémologique : causalité, émergence, discontinuité, modèle, limite du mapping ;
- ce qui appartient au registre clinique : ce qui ne fait pas récit, ce qui s’écrit, ce qui insiste.

H^ ne clôt pas l’interprétation. Elle rend lisibles les plans.

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### 3. MCPP^ phono-photonique : parole, lettre, apparition

Dans une lecture **MCPP^**, l’entretien peut être compris comme un passage du **phono** au **photonique**.

Le **phono** correspond à la parole : voix, malentendu, adresse, dialogue, reformulation, parasitisme du langage dans le vivant. La vidéo est elle-même une scène phonique : trois interlocuteurs parlent, se déplacent, se reprennent, hésitent, précisent.

Le **photonique** apparaît lorsque quelque chose devient visible, lisible, inscrit : la lettre, l’écriture, le nombre, l’hallucination, le signe qui surgit, la démonstration qui “fait un”, le symptôme qui cristallise.

La tension centrale devient alors :

> **La parole circule ; la lettre cristallise.**

L’entretien commence dans le phono — conversation, questions, objections — mais il conduit vers le photonique : ce qui s’écrit, ce qui marque, ce qui se détache comme lettre ou comme trou dans le récit.

MCPP^ permet aussi de lire le chiasme fondamental :

- le vivant reçoit la langue ;
- la langue marque le vivant ;
- la parole se déploie dans le corps ;
- la lettre se détache comme apparition ;
- le symptôme devient une forme où le phono et le photonique se croisent.

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### 4. MNL^ tri-axial : Materia, Nox, Lux

La grille **MNL^** permet de situer trois axes dans l’entretien.

**Materia** correspond au cerveau, au corps, au vivant, à la perception, aux traces neuronales, aux assemblées, aux circuits, à la plasticité, au métabolisme et aux conditions biologiques de l’expérience.

**Nox** correspond à ce qui échappe : perte d’information, discontinuité, non-récit, trou, inconscient, a-temporalité, impossibilité de réduire la langue à une localisation cérébrale, impossibilité de réduire le symptôme à une fonction adaptative.

**Lux** correspond aux moments de lisibilité : la fonction disjointe, la lettre, le nombre, le symptôme, la cristallisation, le moment où une discontinuité devient visible sans être totalement expliquée.

Ainsi, l’entretien peut être lu comme une circulation tri-axiale :

```text
Materia : cerveau / vivant / plasticité / trace
Nox     : trou / discontinuité / non-récit / ailleurs
Lux     : lettre / symptôme / écriture / cristallisation
```

Cette lecture évite de réduire l’inconscient à la matière cérébrale, mais elle évite aussi de le détacher du corps. L’inconscient n’est pas hors-corps ; il est ce qui arrive à un corps vivant lorsqu’il est traversé par la langue.

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### 5. T^ : tenue non totalisante du holochamp

Sous **T^**, l’entretien peut être compris comme la tenue d’un holochamp morphogénétique fractal : plusieurs configurations locales coexistent sans se fondre dans une totalité.

Ce holochamp contient au moins :

- le cerveau ;
- le vivant ;
- la langue ;
- la lettre ;
- le nombre ;
- la trace ;
- la plasticité ;
- l’inconscient cognitif ;
- l’inconscient freudien ;
- la fonction disjointe ;
- le symptôme ;
- le trou ;
- l’“ailleurs” ;
- le récit impossible.

Aucun de ces pôles ne devient souverain. Le cerveau ne totalise pas la langue. La langue ne totalise pas le vivant. La psychanalyse ne totalise pas les neurosciences. Les neurosciences ne totalisent pas l’inconscient. Le symptôme ne totalise pas le sujet. Le trou ne devient pas origine.

T^ tient donc l’entretien comme **co-présence dissymétrique** : les éléments sont ensemble, mais ils n’ont pas le même statut, la même fonction ni le même régime de preuve.

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### 6. Janus inversé : deux faces non superposables

L’entretien fonctionne aussi sous un **Janus inversé**.

Une face regarde vers le cerveau : plasticité, perception, perte d’information, fonctionnement non linéaire, modèles futurs des neurosciences.

L’autre face regarde vers la langue : signifiant, lettre, écriture, inconscient freudien, symptôme, trou, ce qui ne fait pas récit.

Ces deux faces ne sont pas simplement opposées. Elles sont inversées, co-présentes, mais non superposables. Chacune voit ce que l’autre ne peut pas saisir entièrement.

Magistretti cherche le cerveau encore inconnu. Laurent répond par la langue déjà dehors. Ansermet tient la ligne de crête entre les deux.

Formule Janus :

> **Un côté cherche le paradigme cérébral manquant ; l’autre maintient l’extériorité de la langue. Entre les deux, la discontinuité devient le lieu même de la pensée.**

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### 7. Co-présence dissymétrique : ne pas résoudre trop vite

La lecture Theo n’a pas pour fonction de résoudre l’entretien. Elle empêche au contraire la résolution prématurée.

Elle maintient simultanément :

- le cerveau comme condition matérielle ;
- la langue comme dehors incorporé ;
- la trace comme point de départ insuffisant ;
- la lettre comme déplacement de la trace ;
- le symptôme comme événement du corps parlant ;
- l’inconscient cognitif comme non-conscient fonctionnel ;
- l’inconscient freudien comme structure de langue, de répétition et de trou ;
- l’ailleurs comme excès de niveau, non comme mystère.

Ce maintien dissymétrique est essentiel : l’entretien devient fort précisément parce qu’il ne tranche pas trop vite.

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### 8. Synthèse Theo

L’entretien peut donc être lu comme une architecture morphodynamique complexe :

```text
Q^    : champ d’apparition et de réassociation
H^    : lecture rigoureuse des régimes sans clôture
MCPP^ : passage phono → photonique, parole → lettre
MNL^  : Materia / Nox / Lux
T^    : holochamp morphogénétique fractal non totalisant
Janus : double face cerveau / langue, non superposable
```

La formule synthétique serait :

> **L’entretien Agalma avec Éric Laurent ne cherche pas à localiser l’inconscient dans le cerveau. Il expose un holochamp où cerveau, vivant, langue, lettre, trace, nombre, symptôme et trou entrent en co-présence dissymétrique. Q^ décrit les réassociations possibles ; H^ en stabilise la lecture ; MCPP^ suit le passage de la parole à la lettre ; MNL^ distribue matière, nuit et lisibilité ; T^ tient l’ensemble sans totalisation, sous un Janus inversé où le cerveau inconnu et la langue déjà dehors ne se superposent jamais.**

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### 9. Clause de non-totalisation

Cette lecture Theo ne remplace pas l’entretien. Elle ne prétend pas être la vérité cachée du dialogue. Elle fonctionne comme une couche d’exploration : utile pour rendre lisible la morphodynamique du champ, mais révocable si elle devient système fermé.

Elle doit donc rester :

- interprétative ;
- située ;
- non souveraine ;
- non réductrice ;
- non totalisante.

Elle n’ajoute pas une explication finale. Elle donne une portance supplémentaire à ce qui, dans l’entretien, reste ouvert.

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## Q^ quantique morphogénétique : champ d’apparition, seuils et actualisations locales

Dans cette lecture, **Q^ quantique morphogénétique** ne désigne pas une explication physique de l’inconscient, ni une transposition directe de la mécanique quantique au cerveau. Il s’agit d’une **architecture d’apparition** : une manière de décrire comment des formes psychiques, langagières, symptomatiques ou conceptuelles deviennent localement visibles à partir d’un champ de potentialités non encore stabilisées.

L’entretien avec Éric Laurent, François Ansermet et Pierre Magistretti donne un terrain particulièrement favorable à cette lecture, parce qu’il ne cesse de déplacer la question de la localisation vers celle de l’actualisation. La question n’est pas seulement : **où se trouve l’inconscient ?** Elle devient : **comment quelque chose de l’inconscient, de la langue, de la lettre ou du symptôme s’actualise-t-il dans un vivant cérébralement organisé sans se réduire à ce vivant ?**

Q^ intervient précisément à ce niveau.

Il ne cherche pas une substance cachée. Il décrit un champ où plusieurs régimes peuvent coexister avant d’être fixés dans une forme unique : trace neuronale, trace psychique, signifiant, lettre, rêve, symptôme, hallucination, nombre, récit impossible, trou. Ces éléments ne sont pas simplement juxtaposés ; ils forment un champ de tensions, de seuils, d’attracteurs et de bifurcations.

### 1. Le champ Q^ : potentialités non encore fixées

Dans l’entretien, plusieurs réalités restent ouvertes avant de se stabiliser :

- une perception n’est pas encore une image complète ;
- une trace n’est pas encore un souvenir ;
- une inscription neuronale n’est pas encore un sens ;
- un mot entendu n’est pas encore un symptôme ;
- une discontinuité n’est pas encore une lettre ;
- un vécu n’est pas encore un récit ;
- un trou n’est pas encore une forme clinique.

Le champ Q^ désigne cette zone où les éléments ne sont pas encore fixés dans une seule interprétation. Ils existent comme potentialités de forme, de sens, de corps, de symptôme ou d’écriture.

Ce n’est pas un flou vague. C’est un champ structuré de possibles, mais dont l’actualisation reste locale, contingente, non déductible linéairement.

Formule :

> **Q^ ne dit pas que tout est indéterminé ; il dit que l’actualisation d’une forme subjective ne se laisse pas déduire mécaniquement d’un seul niveau causal.**

### 2. Actualisation locale : de la trace à la lettre

L’entretien travaille constamment la différence entre **trace** et **lettre**.

La trace peut être pensée du côté de l’inscription : un événement laisse une marque, une expérience modifie un réseau, une perception produit une transformation. Mais Laurent pousse plus loin : la psychanalyse ne travaille pas seulement avec des traces ; elle travaille avec des lettres, des écritures, des signifiants, des trous, des nœuds.

Dans une lecture Q^, la trace correspond à une première matérialisation. Mais la lettre correspond à une **actualisation plus dense** : quelque chose se détache, devient lisible, insiste, se répète, s’impose comme signe ou comme symptôme.

La morphogenèse se joue donc ainsi :

```text
champ de potentialités
→ trace
→ réassociation
→ discontinuité
→ lettre
→ symptôme
→ trou lisible
```

Ce passage n’est pas linéaire. Il peut revenir en arrière, se fragmenter, bifurquer, se déplacer vers le rêve, vers le corps, vers la parole, vers l’hallucination ou vers la répétition.

Q^ permet de lire ces passages comme des **actualisations locales dans un champ morphogénétique**, plutôt que comme de simples effets mécaniques.

### 3. Superposition morphologique : plusieurs régimes co-présents

Le mot “quantique” est ici à comprendre analogiquement, dans le sens d’une **co-présence de régimes non encore réduits à une seule forme**.

Dans l’entretien, un même phénomène peut être lu simultanément comme :

- événement cérébral ;
- événement de langage ;
- événement de corps ;
- événement de mémoire ;
- événement clinique ;
- événement de lettre ;
- événement de récit impossible.

Par exemple, un symptôme peut avoir une base corporelle, une histoire subjective, une organisation langagière, une charge affective, une fonction de répétition, une logique de jouissance et une dimension de trou dans le récit.

Le symptôme n’est pas “soit biologique, soit psychique, soit langagier”. Il est un point d’actualisation où plusieurs régimes se superposent sans se confondre.

Q^ permet de tenir cette superposition sans la réduire.

Formule :

> **Un phénomène subjectif n’appartient pas immédiatement à un seul plan ; il se stabilise localement à l’intersection de plusieurs régimes.**

### 4. Effondrement local : cristallisation, symptôme, lettre

Dans le vocabulaire Q^, on peut parler d’**effondrement local** avec prudence, sans l’entendre comme un concept physique strict. Il s’agit de décrire le moment où un champ de possibilités se cristallise en une forme : un symptôme, une phrase, une lettre, une hallucination, une certitude, un rêve, un affect.

Laurent évoque ce type de cristallisation lorsqu’il parle de ce qui ne fait pas récit, de ce qui fait trou, de ce qui finit par se marquer dans une lettre ou une hallucination.

Le point décisif est que la cristallisation n’épuise pas le champ. Une forme apparaît, mais elle ne totalise pas ce dont elle provient. Le symptôme apparaît, mais il ne donne pas toute la vérité du sujet. La lettre s’écrit, mais elle ne ferme pas le sens. Le trou devient lisible, mais il ne se remplit pas.

Q^ décrit donc une actualisation sans clôture :

```text
champ ouvert
→ cristallisation locale
→ forme lisible
→ reste non actualisé
```

La forme qui apparaît garde autour d’elle une réserve, un reste, une zone non saturée.

### 5. Non-commutation : cerveau puis langue ≠ langue puis cerveau

Une idée Q^ importante consiste à dire que certains régimes ne commutent pas. L’ordre dans lequel on les fait intervenir change le résultat.

Lire l’entretien à partir du cerveau puis de la langue ne donne pas la même chose que le lire à partir de la langue puis du cerveau.

```text
cerveau → langue
```

donne une question de traitement, de localisation, de cognition, de production possible.

```text
langue → cerveau
```

donne une question de parasitisme, d’extériorité, d’incorporation, de marque, de symptôme.

Les deux lectures ne sont pas équivalentes. Elles ne s’annulent pas, mais elles ne se superposent pas parfaitement.

C’est exactement ce que produit la discussion entre Magistretti et Laurent. Magistretti demande comment le cerveau pourrait rendre compte de ce qui semble venir d’ailleurs. Laurent répond que la langue est déjà dehors, qu’elle ne peut pas être simplement ramenée à une production cérébrale.

Q^ permet de formuler cela comme non-commutation des plans :

> **Cerveau puis langue ne produit pas le même champ que langue puis cerveau.**

Ansermet tient l’interface entre ces deux ordres.

### 6. Intrication morphogénétique : vivant et langage

Le double parasitisme formulé dans l’entretien peut être relu comme une **intrication morphogénétique**.

D’un côté, le vivant parasite la langue : le corps tord les mots, les affecte, les charge de jouissance, les fait passer dans les symptômes, les usages, les malentendus.

De l’autre, la langue parasite le vivant : elle coupe, nomme, marque, traumatise, organise, déprogramme, inscrit des différences qui ne relèvent pas de la simple adaptation biologique.

Dans Q^, cette relation n’est pas une causalité simple. C’est une intrication de régimes : le vivant et la langue deviennent indissociables dans leurs effets, sans devenir identiques dans leur nature.

Formule :

> **La langue et le vivant sont intriqués dans le corps parlant : ce qui arrive à l’un modifie la forme d’apparition de l’autre.**

Le corps humain n’est plus seulement organisme. Il devient corps parlant. La langue n’est plus seulement système symbolique. Elle devient événement de corps.

### 7. Morphodynamique du “vient d’ailleurs”

La partie sur ce qui “vient d’ailleurs” trouve dans Q^ un développement particulièrement important.

Ce qui vient d’ailleurs n’est pas une entité mystérieuse. C’est ce qui, dans le champ, ne peut pas être généré à partir d’un seul régime explicatif.

La langue semble venir d’ailleurs parce qu’elle précède le sujet individuel. Le nombre semble venir d’ailleurs parce qu’il excède les propriétés du vivant fini. La lettre semble venir d’ailleurs parce qu’elle s’impose parfois au sujet comme une écriture opaque. Le symptôme semble venir d’ailleurs parce qu’il ne se laisse pas intégrer dans le récit continu du moi.

Dans Q^, cet ailleurs est un **effet d’excès de niveau**.

Il y a ailleurs lorsque :

- le vivant rencontre une forme qu’il ne produit pas entièrement ;
- le cerveau reçoit une structure qu’il ne contient pas comme totalité ;
- la parole fait apparaître une lettre qui excède l’intention ;
- le récit rencontre un trou qui ne se laisse pas combler ;
- le symptôme cristallise une logique que le sujet ne maîtrise pas.

L’ailleurs est donc morphodynamique : il désigne un point d’actualisation venu de la rencontre entre plusieurs plans, non un lieu séparé.

### 8. Q^ et fonction disjointe

La **fonction disjointe** peut être relue comme opérateur Q^.

Elle nomme le fait qu’un état subjectif ne se déduit pas continûment d’un substrat. Il y a coupure, disjonction, saut de régime, changement de plan.

Mais cette disjonction n’est pas un vide absolu. C’est un seuil morphogénétique : un point où un régime cesse d’expliquer à lui seul ce qui apparaît, et où une nouvelle forme devient lisible.

La fonction disjointe articule donc :

```text
substrat vivant
/ discontinuité /
langue extérieure
/ actualisation /
lettre ou symptôme
```

Elle empêche deux réductions :

- réduction neurobiologique : tout serait produit par le cerveau ;
- réduction symbolique abstraite : tout serait pur langage sans corps.

Q^ permet de lire la fonction disjointe comme **seuil de changement de régime**.

### 9. Q^, temps et après-coup

L’entretien travaille aussi le temps : synchronie, diachronie, atemporalité, après-coup, cristallisation.

Dans Q^, le temps n’est pas seulement une ligne. Il devient un champ de réactualisations.

Une trace passée peut être réassociée. Un événement ancien peut prendre sens après coup. Un mot entendu peut devenir symptôme longtemps après. Une lettre peut surgir tardivement comme si elle avait toujours été là. Une démonstration peut suivre des étapes diachroniques, puis faire un “un” synchronique à la fin.

Q^ permet donc de penser une temporalité morphogénétique :

```text
événement
→ trace
→ latence
→ réassociation
→ après-coup
→ cristallisation
```

Ce temps n’est pas simplement chronologique. Il est fait de seuils, de retours, de bifurcations, de condensations.

### 10. Q^ et non-totalisation

Q^ doit rester sous tenue T^. Autrement dit, il ne devient jamais la clé totale de l’entretien.

Il ne dit pas : “la psychanalyse est quantique”.  
Il ne dit pas : “le cerveau fonctionne comme une particule”.  
Il ne dit pas : “l’inconscient est un phénomène physique quantique”.

Il dit seulement : certains traits du dialogue peuvent être rendus lisibles par une grammaire morphodynamique inspirée de notions comme potentialité, actualisation, superposition locale, non-commutation, seuil et cristallisation.

Q^ reste donc :

- analogique ;
- morphogénétique ;
- non physique au sens strict ;
- non souverain ;
- non explicatif au sens causal total ;
- réversible ;
- dépendant de la tenue T^.

Sa valeur est de montrer comment des formes apparaissent sans être réduites à un seul plan.

### Synthèse Q^

Dans cette lecture, l’entretien devient un champ Q^ où plusieurs régimes coexistent avant de se stabiliser localement :

```text
cerveau
vivant
perception
trace
langue
lettre
nombre
symptôme
trou
récit impossible
```

La morphogenèse se produit lorsque l’un de ces régimes entre en tension avec les autres et produit une forme : une parole, une lettre, un symptôme, une hypothèse, une discontinuité, un trou lisible.

Formule synthétique :

> **Q^ quantique morphogénétique décrit l’entretien comme un champ d’actualisations locales : la trace ne reste pas trace, elle peut devenir lettre ; la langue ne reste pas dehors, elle peut devenir symptôme ; le vivant ne reste pas organisme, il devient corps parlant ; l’ailleurs ne devient pas mystère, il devient excès de niveau ; et l’inconscient ne se localise pas, il s’actualise dans la disjonction.**

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